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Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

  enfanthuitre

Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 07:58

Les Mots, Jean-Paul Sartrelesmots

 

 

Éditions Gallimard

214 pages

 

 


 

 

    «J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres.»

    Cette phrase résume très bien le roman Les Mots et il n'y aurait rien à dire de plus si je n'avais pas envie de vous en parler un peu.

 

    "Poulou" n'a pas connu son père, mais sa mère et son grand-père auront toujours été près de lui. Malgré ce qu'il peut en dire, son enfance n'a pas été malheureuse, quoique solitaire. Avec pour amis seuls les livres et son imagination, il développe ses premiers rapports avec les grands auteurs et l'écriture, et raconte comment elle est devenue sa "vocation".

 

    Scindé en deux parties, Lire et Ecrire, le roman nous offre, par une succession de souvenirs et de sentiments qui l'ont façonné, le portrait d'un Sartre vulnérable et passionné, où sa voix d'enfant se mêle au cynisme de l'adulte aguerri.Tout en se mettant à nu et se racontant tel qu'il était, il recouvre toutes ses anecdotes d'un voile d'orgueil ironique, avec pleine connaissance de l'écrivain qu'il deviendra, et n'hésite pas à faussement se jeter des fleurs pour mieux dénoncer certains thèmes contre lesquels il se sera opposé toute sa vie (sa condition bourgeoise, la relation avec l'autre...)

 

 

 

     Je l'ai dit plus haut : pour avoir découvert le monde à travers le langage, je pris longtemps le langage pour le monde. Exister, c'était posséder une appellation contrôlée, quelque part sur les Tables infinies du Verbe; écrire c'était y graver des êtres neufs ou - ce fut ma plus tenace illusion - prendre les choses, vivantes, au piège des phrases : si je combinais les mots ingénieusement, l'objet s'empêtrait dans les signes, je le tenais. Je commençais, au Luxembourg, par me fasciner sur un brillant simulacre de platane : je ne l'observais pas, tout au contraire, je faisais confiance au vide, j'attendais; au bout d'un moment, son vrai feuillage surgissait sous l'aspect d'un simple adjectif ou, quelquefois, de toute une proposition : j'avais enrichi l'univers d'une frissonnante verdure. Jamais je n'ai déposé mes trouvailles sur le papier : elles s'accumulaient, pensai-je, dans ma mémoire. En fait je les oubliais. Mais elles me donnaient un pressentiment de mon rôle futur : j'imposerais des noms.   

 

 

    J'ai un rapport particulier avec l'objet livre et Sartre, et pour des raisons personnelles, j'avais décidé avant de le lire que j'aimerai même si je n'aimais pas. Par chance, je n'ai pas eu à me forcer, j'ai vraiment apprécié. C'était un réel plaisir de lire une si belle écriture, de mieux comprendre un si grand écrivain et comment il a commencé à être cette figure inoubliable. Certains passages sont également si riches qu'au-delà de l'histoire elle-même se fond la grande Histoire et tout un contexte contenant les clés nécessaires pour voir plus loin.

 

    C'est un livre qui ne se prive - à mon avis - pas de relectures, car je suis sûre que j'ai loupé plein de références, mais même sans tout comprendre c'est à lire sans hésitations, ne serait-ce que pour la beauté du texte... et la beauté des mots.

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