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Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

  enfanthuitre

Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 15:40

Complément Affectif, Mari Okazakisuppli

 


Titre original : サップリ (Suppli)

Editions : Akata/Delcourt, 200 pages

Traduit du japonais par K. Yuko

 

Lu en japonais (éditions Shodensha)


Série finie au Japon avec 10 tomes

8 tomes parus en France

 

 

 

 

 

    Comment réagir lorsque l’on vient de se faire plaquer après 7 ans d’histoire commune ? Sous prétexte qu’elle travaille trop, Minami Fujii se voit redevenir célibataire, état qu’elle ne se connaissait plus depuis longtemps. Elle se retrouve un peu perturbée, se pose plein de questions et ne sait plus trop où elle en est dans sa vie et ses sentiments. Alors qu’elle se réfugie encore plus dans le travail, cette séparation lui permettra de se sentir « renaître », de nouer de nouvelles relations sociales et de découvrir ses collègues, avec qui se tisseront petit à petit amitiés et histoires d’amour.


 

 

 

    À la fois dérangeant et misant sur l’humour dans les moments les plus sombres et les plus inattendus, ce manga suivant de près l’évolution psychologique de Fujii nous prend dès les premières pages. Cette publicitaire de 27 ans est pleine de bonne volonté et se retrouve souvent dans des situations cocasses, à réagir toujours d’une façon surprenante. Elle cherche des nouveaux moyens de s’en sortir dans sa nouvelle vie, pas toujours pour le mieux mais souvent pour nous faire rire.

     Le dessin est fin, clair, aéré, simple et mature à la fois ; un réel plaisir à lire.


    Ce manga est un bon moyen de pénétrer plus profondément dans le monde de l’entreprise japonaise et d’y découvrir les différentes relations entretenues : relations hiérarchiques, pression forcée par les clients exigeants, système d’auto-emploi du temps, heures supplémentaires, sorties du soir entre collègues qui définissent cet environnement si éloigné du nôtre.

  

    Une série à suivre sur papier comme sur l’écran avec l’adaptation japonaise « Suppli » !

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 12:12

Années d'enfance, Jun'ichirô Tanizakihttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/1/2/9782070731213.jpg

 

 

Editions : Gallimard, Haute Enfance

295 pages

Traduit du japonais par Marc Mécréant

 

 

 

 

    Jun'ichirô Tanizaki (1886-1965) nous livre dans son autobiographie l'histoire de ses premières années, depuis ses trois ans environ jusqu'à son entrée au collège.

 


    Comment bien la résumer, cette autobiographie si riche de souvenirs ?

    Entre l'histoire de sa famille et les difficultés financières croissantes que son père doit gérer, Tanizaki nous plonge dans un Japon une centaine d'année en arrière, en compagnie de ses camarades de jeux d'alors vagabondant dans les anciennes rues de Tôkyô, d'acteurs de kabuki (un type de théâtre traditionnel) adaptant les légendes japonaises que l'auteur transcrit dans de nombreuses plaisantes digressions, et d'autres personnages qui auront marqué sa mémoire. Il nous emmène sur les bancs de l'école avec son professeur, M. Inaba, qui lui fera découvrir la littérature classique chinoise et qui lui donnera son premier contact avec le plaisir de la lecture et de l'écriture.

    Entre ces principaux thèmes se faufilent bien d'autres souvenirs encore : l'auteur dans son histoire familiale nous transmet la légende de son grand-père, décrit la beauté de sa mère mais également des femmes qu'il vient à croiser, raconte ses premières années dans l'opulence, rend hommage à ceux qui furent ses modèles sans oublier ses rivaux pour lesquels il témoignait moins de la jalousie que du respect.

 

 

 

 

 

    Je revois encore ce que l'on représentait le plus souvent sur la scène des divers temples : un acteur à masque de femme et portant toilette de l'ancien temps dansait en faisant tinter des clochettes; des masques grotesques et grimaçants exécutaient des danses bouffonnes; des danseurs en costumes splendides et hakama de cérémonie largement fendu étaient affublés d'un masque de renard à crinière blanche ébouriffée comme le lion du nô Shakkyo ("Le pont de pierre"); un fou ou un monstre grimaçant cherchait des histoires à un renard, se livrait à toutes sortes de gesticulations, se trouvait finalement métamorphosé en renard et atteignait aux dernières limites de la drôlerie; au lieu d'un renard, c'était aussi un diable bleu ou un diable rouge qu'on voyait apparaître et qui terrorisait par ses menaces l'imbécile ou le grotesque grimaçant. Il y avait sans doute encore bien d'autres choses, mais la plupart des danses étaient de cette espèce-là.

 

 

 

 

 

    Comme pour Enfance de Nathalie Sarraute, j'ai bien aimé cette autobiographie qui me permet encore une fois de découvrir la jeunesse d'un auteur. La découverte du Japon de Meiji m'a fascinée, toutes ces déambulations et ces déménagements dans les rues de Tôkyô - que l'auteur s'efforce de bien préciser, noms à l'appui - m'a réjouit puisque j'ai été capable de tout bien situer, suite à ma récente expérience sur les lieux. Cet afflux de noms japonais qui se ressemblent pourraient par contre en perdre plus d'un parmi ceux qui n'en ont pas l'habitude.

     La précision dont fait preuve sa mémoire est tout simplement étonnante, surtout en ce qui concerne les représentations théâtrales. Tout y est détaillé : les décors, les costumes, les noms des acteurs et leurs performances... Il retrouve même certaines critiques qui lui permettent d'appuyer ses souvenirs.

    Un seul point négatif : la fin. Plongée comme je l'étais dans le livre, j'ai tourné machinalement la page pour m'apercevoir qu'il n'y avait... rien. C'était fini. Aucune conclusion, rien, ça s'arrête juste en plein milieu. Je suis complètement restée sur ma faim.

    J'ai trouvé également que le style d'écriture était simple, trop simple même et tirant  parfois sur le fade. Si c'est une erreur incombant à la traduction, celle-ci a tout de même l'avantage d'avoir été plutôt travaillée, évitant autant que possible d'insérer des mots japonais : tatami n'apparaît par exemple jamais, bien qu'on en soupçonne maintes fois son emploi dans la version originale.

 

    La lecture est donc souvent facilitée pour quiconque n'a aucune expérience de la langue mais qui s'intéresse quand même à l'histoire et à la culture japonaise. L'enfance de l'auteur n'est pas plus différente qu'une autre, mais tellement plus intéressante pour nous occidentaux puisqu'elle nous permet de nous plonger au coeur d'un quotidien carastérique japonais empli de ses traditions.

 

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 13:30

Enfance, Nathalie Sarrauteenfance

 


Editions : Gallimard, 277 pages


 


    Derrière un mot tout simple, Nathalie Sarraute nous livre sans ambages son « enfance », partagée entre son père et sa mère, la France et la Russie. Elle passe d’un pays à l’autre en même temps qu’elle passe d’un parent à l’autre. Mais la distance éloignera plus sentimentalement que géographiquement la pauvre Natacha de ses deux soutiens qui forment tout enfant. Sa mère, froide, incompréhensible, la reniera même, la laissant sans regrets sous la responsabilité de son père. Natacha ira finalement vivre à Paris, dans la maison où son père est rarement présent, et restera en compagnie de Vera, sa belle-mère, puis de Lili (ou Hélène), sa demi-sœur. Mais malgré son désir de ne pas décrire Vera comme toute belle-mère de conte, Natacha se sentira injustement délaissée, oubliée, sans parvenir à trouver sa place dans la famille.

    Elle nous livre également ses premiers rapports à l’écriture, ses premiers combats contre les mots pour les mettre à la bonne place, ses premiers échecs ou succès…    

 

 



    Je suis dans ma chambre, à ma petite table devant la fenêtre. Je trace des mots avec ma plume trempée dans l’encre rouge… je vois bien qu’ils ne sont pas pareils aux vrais mots des livres… ils sont comme déformés, comme un peu infirmes… En voici un tout vacillant, mal assuré, je dois le placer… ici peut-être… non, là… mais je me demande… j’ai dû me tromper… il n’a pas l’air de bien s’accorder avec les autres, ces mots qui vivent ailleurs… j’ai été les chercher loin de chez moi et je les ai ramenés ici, mais je ne sais ce qui est bon pour eux, je ne connais pas leurs habitudes… 

 


 


    Dans un effort de sincérité absolue et pour évoquer ses souvenirs tels qu’ils sont gravés dans sa mémoire, sans rien déformer ou enjoliver, l’auteur utilise une seconde voix, la sienne, sa conscience, pour poser les limites où son imagination vient flouter son récit. Tout au long l’écrivain hésite, se pose des questions - était-ce comme ça, ou bien comme ça ? -, avoue quand elle ne se souvient pas, ou bien quand elle reprend sa position complètement subjective, comme elle l’a ressenti, que l’autre « elle » vient nuancer.

 

    Une découverte entraînante dans les souvenirs d’un écrivain, d’une enfance agitée à sa manière, sans fioritures ni dramatisme romanesque, un récit simple qui donne même envie d’avoir une suite :).     

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 09:56

50 000 dollars, Ernest Hemingway 50000

 

 

Editions : Gallimard, 150 pages

Traduit de l'anglais par : Ott de Weymer

 

 

 

    "50 000 dollars" est un recueil de six nouvelles qui montrent toutes des fragments de vie, qui prend des personnages au hasard et qui les suit pendant quelques pages. On y retrouve les mêmes thèmes : la vie, la mort, la violence, la chance, la folie, l'innocence où vient s'insérer le vice...

 

    La première nouvelle, 50 000 dollars, nous témoigne de l'entraînement d'un boxeur qui, fatigué, lassé, finit par parier sur la victoire de son adversaire.

   

    La deuxième, Mon vieux, dresse un portrait touchant et attachant d'un père jockey, et on découvrira avec lui les aléas d'un tel métier.

 

    L'invincible représente un toréro qui, après s'être blessé, tente de se réintégrer dans le métier. Cette nouvelle détaille tristement cet art espagnol qui ne se révèle pas être sans souffrance pour l'homme également.

 

    Le village indien raconte la tragique confrontation entre la vie et la mort lors d'un accouchement, lié à l'innocence d'un enfant qui pose alors les questions existentielles sur ce sujet.

 

    Le Champion décrit, de façon plus légère cette fois, une rencontre qui tournera à l'absurde, sentiment que l'on retrouvera également dans Les tueurs.

 

 

 

    - Allons, petit, disait-il en marchant sur la pointe des pieds devant le vestiaire des jockeys, remuons-nous un peu.

     Alors on se mettait à tourner autour de la pelouse, une fois peut-être, lui en tête, et il courait sec, et puis à la grille on faisait un crochet et on prenait une des routes bordées d'arbres qui partent de San Siro. Je passais devant lui quand on arrivait à la route et je me mettais à courir et je regardais en arrière et il était en train de trotter facilement derrière moi et après un moment je regardais encore en arrière et il avait commencé de suer. Il suait dur et suivait sans se biler, les yeux sur mon dos, mais quand il me surprenait à le regarder il faisait la grimace et disait : "ça sue, hein ?"  - Quand mon vieux faisait la grimace, y avait pas moyen de s'empêcher de faire la grimace aussi.

        (Mon vieux)

 

 

      

     Pour être franche, ça ne m'a pas plu autant que je le pensais. Déjà en froid avec Hemingway après avoir lu "Le vieil homme et la mer", j'ai décidé de réessayer quelques années plus tard. Mais finalement, sans plus.

    Je n'ai pas vraiment accroché sur le style, le vocabulaire est un peu démodé (trop vieille traduction peut-être ?), et la nouvelle sur la tauromachie m'a complètement dégoûtée.


    Mais j'ai quand même apprécié la façon dont les dialogues sont construits, ainsi que les saisissants portraits que l'auteur nous livre (notamment dans les deux premières nouvelles). J'ai aussi apprécié son imagination, l'originalité des histoires et les évènements survenant à ces pauvres personnages.

 

 

 

 

     Je ne repars pas complètement frustrée de cette histoire, mais la prochaine fois ce sera en VO !

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 10:50

Le Joueur d'échecs, Stefan Zweigjoueurdechec

 

 

Editions Le Livre de Poche

Traduit de l'Allemand par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent

 

 

 

 

     Sur le bateau qui mène à Buenos Aires, le narrateur rencontre au cours de parties d’échecs deux personnages tout aussi intéressants que mystérieux qui entretiennent tous deux un lien particulier avec ce jeu : l’un, Czentovic, en est le champion du monde mais son inculture tache grandement sa réputation ; l’autre, Monsieur B., est capable de lui tenir tête, de prévoir six ou sept coups à l’avance alors qu’il affirme ne pas avoir touché à un échiquier depuis son enfance.

Mais dans ce cas, comment peut-il être si doué à ce jeu ? Qui est donc cette étrange personne ? M. B. nous livre alors son histoire dans les moindres détails, comment il a été touché par la guerre, son emprisonnement, sa folie face à la solitude, comment il a trouvé un manuel d’échecs et comment il en est tombé malade…

 

 

 

 

     J’ai bien aimé cette nouvelle de Zweig, la première que je lis de lui, et je n’en ai pas été déçue. Je me suis vite laissée prendre à l’histoire et à (re)découvrir les conditions de vie pendant la guerre, les conditions d’emprisonnement et tout cet environnement associé… La description et l’évolution psychologique de B. face à lui-même est impressionnante et frappante, à s’en indigner, se révolter face à ces traitements inhumains. Je me suis même prise de pitié pour lui lors de la partie finale, où la tension monte à son comble.

 

Un auteur à découvrir =) !

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 22:51

L'Ancre de Miséricorde, Pierre Mac Orlanlancredelamisericorde


Editions Phébus, 251 pages




L’ancre de miséricorde est la dernière ancre, le dernier espoir que l’on jette à la mer quand toutes les autres ont lâché...



Petit Morgat (Yves-Marie) vit avec son père et Marianne dans la boutique L’Ancre de Corail, située rue de Siam à Brest. On est en 1770 et le commerce maritime bat son plein, tout comme les batailles navales et la piraterie.
L’appel de la mer et de l’aventure se fait grandissant chez Petit Morgat, alors quand Jean de la Sorgue le charge d’une sortie nocturne pour un échange d’informations, il n’hésite pas bien longtemps. Ce vieux bagnard et talentueux sculpteur qu’est Jean de la Sorgue (Petit Morgat tient toute sa collection de figurines sur l’étagère de sa chambre), lui confie que Petit Radet serait de retour dans les environs, et qu’il pourrait être sa chance de s’évader, lui pauvre innocent emprisonné par la faute de ce pirate ! On dit de Petit Radet que c’est un forban, un danger, mais personne ne sait vraiment à quoi il ressemble ni où il est. Ce qui est sûr, c’est qu’il répand la terreur tout autour de lui.
Jean est le seul à avoir vu son visage, et en échange de la complicité de Petit Morgat, il lui donnera la statuette le représentant.

Malheureusement, les choses ne tourneront pas exactement comme prévu et Petit Morgat va se retrouver embarqué dans la grande et dangereuse aventure de la ville finalement malgré lui et il vivra une expérience qui le changera à jamais.

Sa route sera semée d’embûches, de fuites, de personnes louches, de navires inconnus, de meurtres même, mais surtout d’un grand mystère : Qui est Petit Radet ? Où se cache-t-il ? Quels sont ses plans ?...


Petit Morgat cherchera ces réponses tout au long du roman, en s’entourant de différents personnages comme Nicolas de Bricheny, M. Burns, Manon, le Pillawer... dont les rôles seront déterminants pour l’avancée de son enquête.

 




Bien que sans surprises ni grand suspense, ce roman est bien sympathique et agréable à lire. Le style est simple, un peu ancien et presque enfantin, mais il nous transporte dans l’imaginaire dès les premiers mots. Le vocabulaire employé est souvent vieux, parfois trop, me forçant à m’interrompre pour satisfaire ma curiosité, mais il contribue extrêmement bien au contexte et à l’ambiance de l’histoire.

L’enquête est bien menée, rythmée… Y’a pas à dire, c’est une belle histoire d’aventure, de dangers et de pirates comme on n’en trouve plus !





Il posa sa main familièrement sur mon épaule et dit tout en souriant : "Tout ceci est de l'aventure, Petit Morgat, de la belle aventure dorée, sous le soleil de Caracas, comme tu le penses trop souvent... Mais cette belle aventure aboutit quelques fois au quai des Exécutions ou au gibet de Savannah. Je fus un jour témoin de ce divertissement patibulaire et j'en ai gardé un souvenir profitable.
- Oh ! monsieur Burns, dis-je. Il y a aventure et aventure...
- Ecoute notre ami, répondit mon père. C'est un homme qui possède la sagesse et l'expérience. Sers le roi avec honneur et gagne l'estime de tous ceux qui t'approcheront. Il n'est besoin pour atteindre ce but que de courage et de dignité. L'aventure est belle dans les livres; dans la réalité ce n'est qu'un mirage dangereux.
- Yves-Marie rencontrerait l'aventure dans un bouquet d'anémones, dit Nicolas de Bricheny, qui venait d'achever son dessin.
 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:01

Au coeur du monde, Blaise Cendrarscoeurmonde.jpg

Editions Gallimard, 120 pages





Le livre Au coeur du Monde comporte également les recueils de poésie de Cendrars intitulés Feuilles de route, Sud-Américaines et Poèmes divers.


Dans tous ses poèmes, on retrouve les thèmes du voyage, des femmes, du monde et de l'extérieur. Blaise Cendrars découvre et nous fait partager ses sentiments en quelques mots tapés sur sa machine à écrire qu'il ne quitte pas.
En lisant Feuilles de route, on voyage et on pense avec lui, c'est nous qui partons sur les routes des continents du Sud sous le soleil.



Par contre je préfère vous prévenir, ce n'est pas de la poésie au sens où on l'entend. Pas de quatrains ni de pieds, pas de rimes ou de mélodies, et même parfois des mots qui n'ont aucune tonalité poétique, c'est à se demander pourquoi il a tenu à écrire ça.
Certains "poèmes" peuvent soulever une incompréhension, voire des moqueries chez certains lecteurs, mais je pense qu'il faut lire Cendrars non pas pour la beauté des mots, mais pour la beauté des images.
Un peu à la façon des haïkus, il arrive à nous décrire en seulement quelques mots des paysages magnifiques, des ambiances envoûtantes, et en l'espace de quelques secondes on est complètement transporté dans un autre monde.

C'est un recueil à lire comme un roman, une histoire d'aventure, car les poèmes décrivent chaque étape de son parcours et de ses idées.


La Lettre
Tu m'as dit si tu m'écris
Ne tape pas tout à la machine
Ajoute une ligne de ta main
Un mot un rien oh pas grand'chose
Oui oui oui oui oui oui oui oui

Ma Remington est belle pourtant
Je l'aime beaucoup et travaille bien
Mon écriture est nette et claire
On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée

Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire
Vois donc l'oeil qu'a ma page
Pourtant pour te faire plaisir j'ajoute à l'encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d'encre
Pour que tu ne puisses pas les lire


Pour ma part, je crois que c'est le livre que je prendrais si je devais me retrouver sur une île déserte.
Il a beau être fin, ces lignes contiennent plus que certains pavés de 800 pages. Chaque poème est à lire et à relire, à écouter et à comprendre, à imaginer pour se plonger dedans et disparaîre complètement du présent.


Villa Garcia
Trois croiseurs rapides un navire hôpital
Le pavillon anglais
Des signaux optiques lumineux
Deux carabinieros dorment sur les fauteuils du pont
Enfin nous partons
Dans les vents sucrés



Je le conseille vivement à quiconque aime imaginer et voyager !

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:40

Ouf, ça fait un petit moment que je voulais en parler de celui-là, puis pas eu le temps…

Découvert grâce à Blog-O-Book, ce challenge est proposé par Chiffonnette sur son blog ici !
 

Le Principe du Challenge :
Lire un livre (un roman) mentionnant des recettes ou un style de cuisine, puis faire ces recettes, (les manger !!), puis les prendre en photos et en parler dans son blog !


Et là je dis un grand merci à Chiffonnette pour avoir créé ce challenge qui réunit mes trois passions/loisirs : la lecture, la photo et la cuisine !


a lire et a manger 


Mais du coup je suis trèès indécise quant au livre à lire !
J’en ai bien repéré quelques-uns dans la liste,
mais comme je n’arrive pas à me décider, je crois bien que je vais tous les faire !

Par contre étant très difficile en cuisine, ça va tourner autour de la même chose, c’est-à-dire :


La cuisine Asiatique :

Hiromi Kawakami, Les années douces

Tran-Nhut, Thanh-Van, Le palais du mandarin

Pascal Vatinel, L'affaire du cuisinier chinois


Le chocolat et autres sucreries :

Joanne Harris, Chocolat

Maguelonne Toussaint-Samat, La très belle et très exquise histoire des gâteaux et des friandises


La cuisine Italienne :

Lily Prior, La Cucina

François Simon, Toscane(s)

Frances Mayes, Sous le soleil de Toscane

 

Des livres qui parlent de cuisine, si c'est pas une bonne idée ça =) !

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Published by Coraly - dans Challenges
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 08:59
L'homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedylhommequivoulait

Editions Pocket, 497 pages.
Traduit de l'Américain par Bernard Cohen.




Alors, que dire sur ce livre sans tout vous raconter ^^ ? Il est tellement riche en événements et en suspense qu’on plonge directement dans la vie du héros et on se prend dès le début à espérer, à stresser ou à encaisser surprises sur surprises.


Comme le livre est séparé en trois parties, je vais essayer de résumer le plus simplement possible aussi loin que le résumé de l’éditeur (que je considère comme un gros spoil de toute la première moitié du livre !!), mais en prévenant à chaque fois.
Je pars du principe que l’élément déclencheur est un spoil en lui-même (le 1er dans l’article), vu que j’adore lire des romans sans savoir ce qui va se passer,  donc il peut être connu avant la lecture, mais je trouve ça dommage à mon avis ^^ !

 


Benjamin Bradford a une passion : la photographie. Il s’est constitué une petite chambre noire, où quelques clichés sont alignés parmi les appareils photos les plus récents et les plus perfectionnés. Mais le temps et la volonté lui manquent, depuis qu’il a renoncé dans sa jeunesse à faire de cette passion tout son futur, à passer d’ « Artiste potentiel » à artiste réel.
Ben a fait le choix de la sécurité et est maintenant avocat associé d’un grand cabinet sur Wall Street, New York. Il mène une vie tout à fait honnête : une maison en banlieue, un salaire satisfaisant (à la limite de l’indécent !), une femme Beth, et deux enfants : Adam, quatre ans, et Josh, quelques mois.

Seulement, cette vie trop cadrée va commencer à peser sur le couple, Ben va se mettre à redouter la routine, et les hurlements de Josh nuit après nuit vont tendre les relations entre les parents.

 

Attention ! Si vous ne voulez pas savoir comment la relation du couple va évoluer, ne lisez pas la suite !

Alors que Ben se pose des questions sur sa vie, ce qu’il a fait, n’a pas fait, aurait dû faire, et qu’il tente de récupérer sa femme, il va découvrir avec horreur que celle-ci le trompe. Mais avec qui ? Comment est-ce possible ? De toutes les personnes qu’il connaît, aucune ne semble coller au profil.
C’est lors d’une soirée de quartier que la terrifiante réalité se révèle à lui : entre deux caresses et regards furtifs, d’autres indices lui montrent clairement le coupable qui l’a dépassé sur le plan conjugal : Gary Summers. Gary, le jeune du quartier, prétentieux et désagréable au possible, qui vit sur la pension de ses parents décédés. Seul dans sa maison héritée, il court les magazines, toujours refusé, afin de vendre ses photos. Quoi, Beth l’aurait quitté pour un photographe raté ? D’un niveau inférieur, Gary tente pourtant de réaliser son rêve, et c’est probablement ce que Beth a préféré en lui.
Ben est détruit, et bientôt la demande de divorce tombe. Beth s’enfuit chez sa sœur avec les enfants, laissant Ben seul avec lui-même dans sa trop grande maison.

 

Attention 2 ! Si vous n’avez pas envie de savoir comment Ben va réagir (enfin si, vous avez peut-être envie de savoir, mais si vous voulez lire le roman et vous garder la surprise), ne lisez pas le paragraphe qui suit !

Sur la proposition plus polie que sincère de Gary, Ben frappe à sa porte un dimanche soir, alors qu’il a vu Beth en sortir. Il voudrait parler photo, ne sachant pas quoi dire d’autre, mais les choses ne tournent pas exactement comme il l’aurait voulu : Gary finit gisant à ses pieds, dans une flaque de sang.
Interdit, ne sachant plus trop quoi faire, Ben panique d’abord, puis fait preuve d’un immense sang-froid et se met à tout préparer : il a une semaine (avant que Beth ne retourne chez Gary) pour dissimuler le meurtre et mettre en place la fuite qu’il va impeccablement bien planifier.





Ici commence seulement la deuxième partie du livre, mais le début est à mon sens la moitié la plus importante, disons riche en surprises et en révélations, en frayeurs et en injustices : Kennedy arrive à créer des situations où le lecteur se sentira révolté et piégé, et le héros aura beau tout tenter, ses efforts n’y changeront rien.

J’ai trouvé que le tout début était un peu long, l’auteur installe la vie de Ben et comment il commence à s’y sentir oppressé, même prisonnier, mais très vite les évènements s’enchaînent et le rythme reste soutenu au niveau du suspense pendant toute la deuxième partie, que j’ai vraiment aimé.

Par contre la troisième partie m’a moins convaincue. Le stress redescend un peu, mais l’auteur n’arrête pas les surprises pour autant, ce qui provoque un regain d’intérêt.

Je me suis facilement laissée entraîner dans cette histoire également pour la photo, vu que j’aime beaucoup ça m’a bien parlé, et lire leurs descriptions si précises était un vrai régal ! (Si je pouvais les voir en vrai… je suis sûre qu’elles sont magnifiques !)

 


En gros, l’histoire est vraiment originale, accrocheuse et pleine de rebondissements.
D. Kennedy nous mène par le bout du nez à travers les Etats-Unis sans avoir aucune idée d’où il va bien pouvoir nous laisser, et manie avec subtilité l’art des renversements de situations et des calmes avant la tempête ! 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 09:18

Dojoji et autres nouvelles, Yukio Mishimadojoji

Editions Gallimard, Collection Folio 2€, 127 pages.
Traduit de l'Anglais (choix de l'auteur) par Dominique Aury

Crazy Caraïbe



Quatre nouvelles à l'histoire et aux personnages bien différents, au style tantôt léger tantôt terrifiant, faisant preuve d'humour subtil ou de passion dévorante, avec pourtant le même point commun : les traditions japonaises dans toute leur splendeur.
Le sens de l'honneur, de la honte et du comportement en public, le dévouement à son pays et son aimé, les prières aux Dieux et autres rituels (dont le seppuku), le non-dit, l'amour mortel et le (double) suicide... Rien de mieux pour se plonger droit au coeur du Japon médiéval !


Les nouvelles "La perle" et "Les sept ponts", dont les personnages sont féminins, évoquent avec douceur et cette ironie particulièrement japonaise la psychologie des femmes de l'époque, leurs croyances et espoirs, leurs relations changeantes qui passent avant-tout par l'opinion des autres et leur réputation.

"Dojoji" est une pièce de théâtre qui aborde des thèmes plus sombres, comme l'amour (il faut savoir qu'au Japon ce thème n'est jamais joyeux ni romantique) dont la déception inspire la défiguration de la jeune fille.
"Patriotisme" également n'est pas une partie de plaisir : les thèmes si connus du suicide amoureux et du seppuku sont longuement décrits, et dans les moindres détails. Il faut s'accrocher pour le finir, je crois que j'ai rarement lu quelque chose d'aussi sanglant et répugnant.



Mme Azuma, devant toute cette agitation, ne trouvait pas de mots pour en déplorer la cause. Elle était outrée qu'une hôtesse se permît de créer une situation aussi impossible pour la perte d'une seule perle.
Mme Azuma décida de s'offrir en sacrifice pour tout sauver. Avec un héroïque sourire elle s'écria : "C'est donc ça ! ça doit être une perle que je viens d'avaler ! [...] J'ai bien eu l'impression qu'elle me restait un peu en travers de la gorge. Bien sûr, s'il s'était agi d'un diamant je le rendrais tout de suite - au besoin en me faisant opérer - mais comme c'est une perle je vous demande tout simplement de me pardonner."

(La Perle)



J'ai beaucoup apprécié ces nouvelles, qui ont su me dégoûter mais également me faire rire, et malgré mon esprit sensible, "Patriotisme" a été très enrichissant au niveau du hara-kiri, pour témoigner de la dignité et du courage japonais que je ne soupçonnais pas à ce point, tout comme l'ensemble des nouvelles sont une vraie (re-)découverte pour ceux qui s'intéressent à la culture de ce pays !
Oui oui, je conseille quand même =) !

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