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Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

  enfanthuitre

Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 10:08

No country for old men, Cormac McCarthynocountryforoldmen

Editions Points, 299 pages.
Traduit de l'Américain par François Hirsch.




On commence le livre très bien : un meurtre, deux meurtres, cinq meurtres... On a à peine lu vingt pages qu'il y a déjà environ sept meurtres, et pas des plus beaux. Et c'est loin d'être fini.

Lors de sa chasse dans le désert des Etats-Unis, Moss, Texan à la retraite, tombe malencontreusement sur un lieu de fusillade où sont laissés des voitures criblées de balles et des cadavres, dont certains pas encore tout à fait morts. Des trafiquants mexicains. En suivant une trace de sang, Moss tombe sur l'un d'eux dont le corps est encore chaud, qui garde à ses côtés une mallette contenant 2 millions de dollars. 
Mais il ne sait pas encore qu'en s'en emparant, Moss va se mettre à dos le tueur psychopate le plus acharné et expérimenté qui soit, Chigurh. Sans oublier le shérif Bell, qui va tenter de comprendre les évènements les plus étranges de sa carrière.
Commence alors une triple course-poursuite essoufflante, pressante, et surtout, dangereuse.



Quand il arrive au coin, il n'y a qu'un seul homme encore debout dans la rue. L'homme est derrière la voiture et la voiture a été salement mitraillée, toutes les vitres parties ou le verre tout blanc à cause de l'impact des balles. Il y a au moins un cadavre à l'intérieur. Le type surveille l'hôtel et Chigurh pointe le pistolet-mitrailleur et fait feu à deux reprises et le type s'écroule sur la chaussée. Chigurh recule et s'abrite derrière l'angle du bâtiment, le pistolet au-dessus de l'épaule, pointé vers le haut. Il attend. Un capiteux relent de poudre dans l'air frais du matin. Comme un odeur de feu d'artifice. Pas un son nulle part.



Mes impressions sur ce livre ont d'abord été négatives.
J'ai eu beaucoup de mal à avancer au début, le style m'a rebuté : des phrases lourdes et redondantes, remplies de "et, et, et", pas de ponctuation, pas de précisions sur les personnages et comme ils sont nombreux au début, c'est plutôt difficile de s'y retrouver. J'ai dû lire certains passages plusieurs fois pour être sûre de qui faisait quoi ou de qui parlait à qui.

 Puis il tend la main et défait les deux courroies et ouvre le fermoir en laiton et soulève le rabat et le rejette en arrière.

C'est un style bien sûr, mais finalement on finit par s'y habituer. Puis les personnages se mettent en place, on commence à les comprendre et à comprendre leur rôle dans l'histoire, et tout, d'un coup, va beaucoup plus vite.

L'histoire est intéressante et bien construite, j'ai beaucoup aimé quand les personnages revenaient sur les mêmes lieux et y voyaient des choses différentes. De plus la tension ne cesse de grandir, le rythme est bien géré, et certaines révélations font un vrai choc, amenées simplement à des moments où l'on s'y attend le moins.
Certains dialogues sont tout simplement magiques et hors du commun, c'est un régal à lire et relire.

Par contre la fin m'a un peu surprise, pour ne pas dire déçue. Ce n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais. Elle sort du cadre de l'action et met en valeur l'évolution des mentalités aux Etats-Unis, l'évolution du pays à la fin du XXe siècle, les impacts de la guerre sur les différentes générations... Toute une pensée développée à travers Bell le long du livre qui trouve ses explications à la fin.


A lire, et à voir aussi je pense :) !






No country for old men, le film.





Alors que je m'attendais à une catastrophe, comme toutes les autres adaptations cinématographiques, j'ai eu une très bonne surprise pour ce film réalisé par les frères Cohen.

C'est la première fois que je vois exactement, à un arbre près, ce que j'imaginais quand j'ai lu le livre
: les voitures, la caravane du bon côté, les chambres d'hôtel... 
Les dialogues sont restitués au mot près, c'est un vrai plaisir à entendre !

Les acteurs sont tous très talentueux, notamment Javier Bardem (Anton Chigurh), qui a réussi je ne sais comment à rendre le personnage attachant et drôle, humain même, avec un sourire décalé et effrayant qui ne le quitte pas des deux heures du film. ça a été l'une des très bonnes surprises de ce film.

C'est la meilleure adaptation jamais faite, à mon avis, et de très loin.



Seuls petits problèmes (parce qu'il en faut toujours quelques uns !) : Les femmes, et mes scènes préférées.

Pour commencer avec les femmes, je trouve que leur place a été tronquée au maximum, rendant totalement inexistantes la femme du shérif Bell, ainsi que l'auto-stoppeuse qui apparaît finalement juste comme  une femme à la piscine, alors qu'elles ont toutes les deux une importance non négligeable.
De plus, l'actrice qui joue Carla Jean est peut-être mignonne et douée, mais elle a rendu ce personnage vraiment trop cruche alors que je l'imaginais plutôt avec un fort caractère magré son jeune âge. Du coup, ses scènes ont perdu de l'intérêt à mes yeux.

Puis, mes scènes préférées. Mes scènes préférées dans le livre qui ont réussi à me faire peur ou à me faire rire n'y sont tout simplement pas !
Alors que j'attendais une bonne fusillade à l'américaine à la sortie de l'hôtel, des corps ensanglantés dans la rue, comme ça m'avait choqué dans le livre, la rue est totalement déserte mis à part les deux héros. Et un petit détail que j'avais bien aimé, lié à Wells, a été passé sous silence (mais ça je peux le comprendre, c'était pas vraiment nécessaire !).
Ensuite, les dialogues et l'histoire qui se développe entre Moss et l'auto-stoppeuse ont également disparus, à ma plus grande déception. Elle n'a peut-être pas une grande importance pour l'histoire en elle-même, mais pour Moss et le lecteur, elle en a. Dommage, donc.

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Mais ces petits détails mis à part, j'ai trouvé le film vraiment agréable à regarder, exceptionnellement fidèle. C'est un bon moment de détente et une excellente adaptation (je me répète peut-être mais c'est tellement rare !), mais à regarder bien sûr après avoir lu le livre pour mieux se plonger dans l'histoire et dans les personnages, et pour mieux l'apprécier tout simplement.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 23:04

Coraline, Neil Gaiman.coraline-book.jpg


Traduit de l'Anglais par Hélène Collon.

Crazy Caraïbe


Coraline Jones est une petite fille curieuse et aventurière. Quand elle emménage dans sa nouvelle maison avec ses parents, elle joue les exploratrices et cherche à découvrir chaque recoin secret de la masure et du grand jardin : les voisines du dessous, étranges Mme Forcible et Mme Spink, le voisin du dessus, M. Bobinski accompagné de ses souris, le chat noir, le puit, et puis.. Cette porte...


Les parents de Coraline sont mis un peu à l'écart, ils sont passifs et non présents pour leur enfant. C'est pour l'occuper que son père a défié Coraline de compter toutes les portes de la maison. Elle tombe alors sur cette porte qui ouvre sur un mur de briques... Oui, un mur de briques ! Qui sert, selon sa mère, à délimiter l'appartement d'à côté.
Mais bien évidemment, quand on est aux côtés de Coraline, on se doute bien que cette pièce ne sert pas qu'à ça...

Accompagnée du chat et d'une pierre trouée, cette jeune fille bien courageuse va devoir résister à la tentation, affronter l'inconnu et un monde qui, bien que familier, se révèle être plutôt effrayant...



L'auteur a réussi à allier délicieusement le tendre et les frissons, une pointe de d'horreur, de suspense et d'appréhension au milieu d'un beau monde fantastique et onirique.
Ce court roman est vraiment très agréable à lire, c'est une jolie petite histoire pour les enfants qui satisfait parfaitement le plaisir des adultes. Le style est simple, et l'ambiance donne beaucoup dans le visuel, et à mon avis, il doit être beau à voir ! 
J'ai hâte de me trouver l'adaptation :) !

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 14:05

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazettilemecdelatombedacote

Editions Actes Sud, 254 pages.
Titre Original : Grabben i graven bredvid
Traduit du Suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Les Liaisons dangereuses


Désirée observe la stèle trop simple de son défunt mari, et Benny arrange la tombe trop tape-à-l’œil de ses parents. Elle est toute fine, pâle, beige, et lui est rustique, mal habillé et sent l’étable. Elle est bibliothécaire, vit à la ville dans son appartement moderne, et lui vit à la ferme dans une maison qu’il n’arrive pas à gérer, à rendre agréable à vivre, et peine à nettoyer.

Quand ils se rencontrent au cimetière, ils ne peuvent s’empêcher de se détester sans même se connaître. Et alors que tout les oppose, tant dans le style de vie que dans leur façon de penser, un simple sourire échangé entre eux va complètement modifier le cours de leur vie.

 

Tous deux célibataires et pressés par les contraintes du temps (horloge biologique et gestion de la ferme), ils vont (malgré eux, j’ai envie de dire) tomber amoureux et essayer de faire fonctionner leur histoire malgré leurs imposantes différences.

Benny est le seul homme à « retourner les ovaires » de Désirée, mais lui cherche une femme qui pourrait prendre soin de la maison, ce qui n’est pas du tout du genre de la frêle citadine attachée à son confort.

 

A travers une histoire simple d’apparence et une plongée en Suède (pays qui m’apparaît maintenant très tentant !), Katarina Mazetti met en scène un combat entre l’amour et la différence de milieux sociaux. La passion vaincra-t-elle le choc des cultures ?

L’un des deux personnages devra faire des efforts, mais… lequel ?

 

 

  Juste là, je suis devant la tombe de mon mari, assise sur un banc de cimetière vert bouteille lustré par des générations de fesses, en train de me monter la tête contre sa dalle funéraire.
  C'est une petite pierre brute et sobre gravée seulement de son nom,
Örjan Wallin, en caractères austères. Simple, presque à outrance, tout à son image. Et il l'a effectivement choisie lui-même, il avait laissé des indications dans son contrat obsèques souscrit chez Fonus.
  Il y a de quoi s'énerver. Je veux dire, il n'était même pas malade.
  Je sais exactement ce qu'il veut dire avec sa pierre : "La mort est un élément parfaitement naturel du processus vital." Il était biologiste.
  Je te remercie, Örjan.




J’ai eu une très agréable surprise avec ce roman ! Bien sûr j’avais entendu des avis positifs, mais je n’aurais jamais cru qu’il me passionnerait à ce point-là.

J’ai lu les premières pages par curiosité (hésitant encore sur quel livre de ma PAL lire en premier…), et je ne l’ai pas lâché jusqu’à au moins la moitié, et encore, parce que je m’étais forcée.

C’est mon seul regret : il est tellement prenant que je l’ai lu trop vite, et que je n’ai pas eu le temps de bien m’imprégner de la vie des personnages, comme j’aime souvent le faire.

 

Mais sinon, rien à redire ! Le style est léger, les réflexions sont très drôles, on passe du rire aux larmes en un clin d’œil, et le fait que souvent les mêmes évènements soient narrés à la fois par Désirée puis par Benny (ce que j’évite d’habitude) ajoute beaucoup au comique de l’histoire, et ne peut que nous rapprocher des personnages.

Une très belle histoire d’amour impossible des temps modernes !

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 18:57

La double vie d’Anna Song, Minh Tran Huy

 la-double-vie-danna-song

Editions Actes Sud, 188 pages.

 

Crazy Caraïbe

 

Quand Anna Song meurt, terrassée par un cancer des ovaires, elle n’avait pas encore rencontré le succès qu’elle aurait dû avoir de son vivant. Elle a dédié sa vie au piano, mais une paralysie des doigts suivie du cancer, l’ont empêchée de continuer à se produire sur scène. Grâce à son mari, Paul Desroches, son manager et producteur, elle a passé le reste de ses journées dans son studio d’enregistrement à rejouer les grandes œuvres musicales qu’elle espérait laisser comme une trace d’elle. Les médias, qui s’émerveillent tardivement de son talent, se retournent cependant quelques mois après, et le nom d’Anna Song sera peu à peu tâché du plus grand scandale que le monde de la musique aura connu.

 

 


Le récit est double – on aurait pu le deviner avec le titre, mais le vrai sens de celui-ci ne se révèle vraiment au lecteur qu’à la dernière partie – avec d’un côté les articles de journaux datés d’après la mort d’Anna, et de l’autre Paul qui nous raconte toute la vie de la pianiste, de leur rencontre à l’âge de huit ans, à leurs derniers jours passés ensemble…

Minh Tran Huy laisse planer le suspense jusqu’aux toutes dernières pages, et nous promène d’une plume douce et mélodieuse le long des doutes, des souvenirs et des sentiments. Les digressions sur les compositeurs classiques, l’histoire et la géographie du Viêtnam - dont les descriptions donnent vraiment envie ! – sont insérées avec subtilité, et nous instruisent avec plaisir.

 

 
    A Hué, cependant, il en était allé autrement, notamment lors de la croisère sur la rivières des Parfums, quand ils avaient fait halte pour aller voir les tombeaux impériaux, monuments entourés de lacs, de collines et de plantes ornementales élevés pour préserver de l'oubli ceux qui avaient régné sur le Viêtnam. Leur beauté qui se voulait immortelle prenait ironiquement, du fait du silence environnant, de la pierre rongée par les ans, des sculptures effritées et des bronzes noircis, une tonalité des plus mélancoliques, donnant à ressentir le caractère éphémère de toutes choses, et en particulier de celles qu'on croyait voir durer toujours.   


J’ai trouvé ce roman vraiment très agréable à lire, l’auteure a un style vraiment fluide et envoûtant, que je n’avais plus lu depuis longtemps. Je me suis plongée avec plaisir dans le passé d’Anna, mais sans comprendre le sens des articles de journaux que je trouvais au début répétitifs et ennuyeux. Puis petit à petit, les deux parties du roman se mettent à coïncider, toute la trame se met en place rapidement, et l’histoire se fait de plus en plus pressante et angoissante.

J’ai imaginé toutes les conclusions possibles, mais la révélation finale m’a littéralement sidérée. Alors qu’on s’attache aux personnages, et qu’on est témoin des plus profonds et sincères sentiments – que ce soit pour les grands-mères ou pour Anna et Paul -, on voit les masques tomber au fur et à mesure, à notre plus grande stupéfaction.

 

Je meurs d’envie de vous révéler la fin, mais je trouve que j’en ai déjà trop dit, et je préfère vous laisser le plaisir de découvrir par vous-même !




     J'avais eu un secret, celui de mes sentiments pour mon amie, que je n'avais jamais confiés à personne par peur du ridicule, par incapacité à les cerner, par désir de les garder pour moi, aussi. Un secret impalpable et délicat, tissé de la matière même des songes. Je ne l'avais plus. Il s'était dissous dans l'air, et personne, ma grand-mère mise à part, ne s'en était aperçu. Simplement, j'ai arrêté d'écouter les disques de musique classique qui passaient jusque là en boucle dans ma chambre : après avoir hésité à les jeter, je les ai rangés dans un carton et descendus à la cave. Quand je suis remonté, j'ai éteint la lumière et refermé la porte en espérant que cela me permettrait de clore dans le même mouvement l'histoire qui nous avait liés, Anna et moi.   

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 15:30
Parasites, Ryû Murakami

Editions Philippe Picquier
Traduit du Japonais par Sylvain Cardonnel
parasites



Les Japonais ont un mot déjà tout fait pour désigner les reclus volontaires de la société, du monde extérieur : les « hikikomori ».


C’est donc par ce terme que je décrirais Uehara, héros – ou plutôt antihéros – du roman.

Rejeté par sa famille depuis son enfance, cela fait maintenant 8 ans qu’il vit seul dans un petit appartement, non loin de ses parents, et qu’il ne l’a jamais quitté. Il est suivi par l’hôpital psychiatrique qui le considère comme malade après qu’il ait avoué loger un ver parasite dans son corps. Il passe donc ses journées à jouer aux jeux vidéos ou à regarder la télévision, surtout l’émission de la présentatrice Yoshiko Sakagami, et subit de temps à autres les visites de sa mère.


Jusqu’au jour où il manifeste le désir d’avoir un ordinateur avec internet, que sa mère, trop heureuse de le voir vouloir quelque chose, s’empresse de lui offrir. Il surmonte alors sa peur des autres et poste un message sur le forum des fans de Yoshiko Sakagami. Les seuls à lui répondre sont les membres d’une organisation appelée INTER-BIO. Ils vont lui divulguer des informations secrètes sur les parasites, notamment le ver khoslocatère, qui expliquerait les profondes crises de violence dont il est sujet. Et c’est grâce à ces informations et à cette organisation que Uehara va entamer son intégration surprenante et terrifiante dans la société.

 

 


« Si j’ai bonne mémoire, les espèces condamnées à la disparition sont celles qui ont abrité les derniers vers khoslocatères. C’est d’ailleurs une des raisons qui conduisit à baptiser ainsi cet insecte parasite. Il existe aussi certaines espèces ou groupes programmés pour disparaître d’eux-mêmes afin de préparer l’avènement de modes de vie biologiquement supérieurs. La disparition des dinosaures offrit ainsi la possibilité à un nouveau système écologique de se développer, autrement dit, elle préparait les conditions indispensables pour qu’une vie commune soit possible à une nouvelle génération d’organismes biologiques. Le ver khoslocatère est l’annonce d’un nouvel espoir pour cette espèce qui a programmé son propre anéantissement. Les êtres humains dont le corps a été choisi pour abriter le ver khoslocatère ont reçu de Dieu le droit de tuer, de massacrer ou de se suicider. »

 

 

 

 


Ce roman me laisse très perplexe, je ne sais pas trop quoi en penser : je suis partagée entre l’horreur décrite avec tant de sang-froid, et la compréhension du personnage qui arrive finalement à évoluer, à s’intégrer dans la société même s’il reste fondamentalement différent. Uehara développe des envies, des projets, se donne les moyens d’y arriver, bien que ça ne soit pas souvent pour le meilleur.
L’auteur nous perd entre les notions de bien et de mal, de réel et d’irréel, de société et d’exclusion. On se pose des questions : Qui est en fait réellement malade ? Uehara, INTER-BIO ? Nous ? Où est la réalité et où s’arrête-t-elle ? Jusqu’où la conscience nous mène-t-elle ?


Un livre parfois un peu long, parfois soulevant une profonde incompréhension pour le lecteur : plusieurs chapitres dans la première moitié du livre sont entièrement dédiés à la description d’un film de guerre, à la recherche de pages internet, d’articles divers scientifiques et compliqués, qui sont tous insérés en vrac, comme on peut le retrouver dans Love&Pop… De quoi vouloir laisser tomber, j’avoue.
Et en même temps un style, une aventure humaine qui accroche et qu’on veut garder dans ses mains et découvrir jusqu’à la dernière page.


Mais au-delà des détails, l’auteur nous raconte une histoire que pourrait vivre n’importe quel hikikomori au Japon : la quête de soi, et de la volonté pour sortir affronter le monde (affronter est, je crois, le mot juste).
Seulement, alors que je viens à peine de refermer le livre, je ne sais pas si je dois être contente de la démarche d’Uehara et de sa nouvelle façon d’appréhender le monde et espérer que tous les hikikomori fassent le même effort, ou si je dois au contraire être effrayée de la manière dont il y est arrivé et dont l’auteur nous montre comment la mort peut, finalement, sauver une vie.

 


Un grand respect pour l’auteur qui me laisse pour la seconde fois après lecture un fort sentiment d’interrogation, mais qui n’a toujours pas réussi à me dégoûter de la société japonaise !


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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 13:46

Un chant de Noël, Charles Dickens
un-chant-de-noel
(ou encore Le drôle de Noël de Scrooge)  
                                        
Titre original : A Christmas carol
Lu en Anglais

Le Rouge et le Noir



M. Scrooge est vieux, aigri, égocentrique, désagréable, riche, et j'en passe et des meilleures. Il vit seul dans son grand manoir, fait qui ne le dérange pas pour autant puisque les autres, il s'en fiche, et les autres le lui rendent bien. On parle de lui dans son dos, on le critique, c'est la personne la plus mauvaise de la ville... Et ce depuis des années.
Mais ce soir c'est Noël. Toute la ville est en effervescence, la joie s'affiche sur tous les visages, les mauvaises pensées sont rapidement oubliées. Le seul à ne pas s'en rendre compte est évidemment Scrooge, qui poursuit sa routine quotidienne sans fantaisie.
Alors qu'il s'apprête à se coucher en ce soir singulier, le fantôme de son ancien collègue - et seul ami - récemment décédé, Marley, vient le hanter pour lui donner une chance de se racheter. Commence alors la très longue nuit de Scrooge qui lui réservera le plus beau Noël de sa vie. 



Bien sûr on connait déjà tous la fin avant même de l'avoir lu, et pourtant ça reste un très grand plaisir. Dickens nous plonge au coeur de l'évènement, redéfinit Noël comme une fête familiale, heureuse, magique et pleine d'espoirs, où l'on pardonne tout et où l'on peut offrir une seconde chance. 
Scrooge est un personnage impitoyable, caricatural, qui se laisse pourtant attendrir et qui retourne en enfance, qui se rend compte de ses actes et qui décide de se remettre en question. Certains peuvent penser qu'il a changé trop vite, moi j'ai pensé que tout se fondait et s'enchaînait très bien. C'est un conte après tout =) !
Je suis moi-même retournée en enfance en le lisant, les magnifiques descriptions ne sauraient mieux nous plonger dans le contexte et dans les rues enneigées de ce village. J'ai trouvé l'histoire belle et prenante, enfantine bien sûr, mais qu'est-ce que j'aimerais trouver plus de contes comme ça ! En arrivant à transformer Scrooge, Dickens nous donne une raison de croire en l'homme, nous redonne espoir - ne serait-ce qu'à nous lecteurs -, et quoi? Rêver un peu n'a jamais fait de mal à personne. 
Après m'être attachée à Scrooge, à l'environnement et à l'ambiance, après avoir paniqué et espéré avec lui, j'ai refermé le livre le sourire aux lèvres et la tête plein de belles idées.



Langue: A Christmas carol étant le premier Dickens que j'ai lu, et le premier classique anglais que j'essaie en VO, j'avoue honteusement que j'ai eu un peu de mal à le lire. Beaucoup de vocabulaire inconnu pour moi, des expressions qui ne me disaient absolument rien, et bien sûr pas le courage d'utiliser le dictionnaire pour chaque mot difficile qui passe... Il y a donc des choses que j'ai dû louper, mais ça ne m'a en rien empêché de comprendre globalement l'histoire, ni même de l'aimer =) !




    There was nothing very cheerful in the climate or the town, and yet was there an air of cheerfulness abroad that the clearest summer air and brightest summer sun might have endeavoured to diffuse in vain.
    For the people who were shovelling away on the house-tops were jovial and full of glee; calling out to one another from the parapets, and now and then exchanging a facetious snowball - better-natured missile far than many a wordy jest - laughing heartily if it went ight and not less heartily if it went wrong. 
 

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 17:38

Je profite du début de la nouvelle année pour faire un petit bilan de mes lectures 2009...

Quand je surfe un peu sur la toile et que je vois toute la tonne de livres que lisent les lecteurs blogueurs, j'ai un peu honte... Mais je me remets à peine à la lecture donc ça ira de mieux en mieux (j'espère) !

Donc bonnes résolutions pour 2010 : vraiment lire un livre par semaine !

En attendant, mes lectures 2009 et avis :

 

     Twilight                    
Got you back                      Le clan des otori, Le vol du héron

Stephenie Meyer            Jane Fallon                                     Lian Hearn   

    twilight                         got%20you%20back                                         clan-otori

  Crazy Caraïbe                Speed queen                                            Speed queen

 


Pays de neige
                   Au bout de l’éventail              La danseuse d’Izu

Yasunari Kawabata         Jocelyne Godard                Yasunari Kawabata

     pays de neige                                   aubout                                       la danseuse d'izu

  Crazy Caraïbe                    Crazy Caraïbe                                Crazy Caraïbe

 

 

Contes de la folie ordinaire         Rashômon et autres contes          Crazy Caraibe

      Charles Bukowski               Ryûnosuke Akutagawa            Nicolas Rey

              contesdelafolie                                akutagawa                                  crazy-caraibe.jpg

            Speed queen                                Crazy Caraïbe                             Speed queen


Chronique d’une mort annoncée
             Love & Pop               Le rouge et le noir

    Gabriel Garcia Marquez               Ryû Murakami               Stendhal 

                     Chronique d'une mort annoncée.jpg                                            Love&Pop.jpg                                  le rouge et le noir.jpg

            Crazy Caraïbe                      Le Rouge et le Noir                Le Rouge et le Noir

 

 

   Speed Queen                Pourvoyeur de cadavres                    Un roman français

Stewart O'nan                 Yasunari Kawabata                     Frédéric Beigbeder   

      SpeedQueen.jpg                                      kawabata                                              un-roman-francais

 Crazy Caraïbe                  Crazy Caraïbe                            Crazy Caraïbe

 

 

           Ikebukuro West Gate Park                          La course au mouton sauvage

                    Ishida Ira                                                       Haruki Murakami

                     ikebukuro-west-gate-park.jpg                                                                             courseaumoutonsauvage.jpg
              Le Rouge et le Noir                                                                                [:jiwel:5]


 

  La triste fin du petit enfant huitre               Et que le vaste monde poursuive sa course folle

             Tim Burton                                                      Colum Mccann

              enfanthuitre                                                               letthegreatworldspin.jpg

                         [:jiwel:5]                                                                                     Les Liaisons dangereuses

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Published by Coraly
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 09:57

Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann


Titre original : Let the great world spinletthegreatworldspin.jpg
Lu en Anglais.

Elu meilleur livre de l'année par le magazine LIRE.

Les Liaisons dangereuses


New-York, dans les année 70. Alors qu'un funambule traverse les deux tours du Wolrd Trade Center sur son fil, des vies passent et défilent, dessous, ailleurs, dans New-York.
Avec la vie d'un prêtre Irlandais - Corrigan, venu s'installer dans le Bronx - comme fil conducteur du roman, l'auteur nous emmène visiter New-York en profondeur, à travers différents morceaux de vie, différents personnages aussi développés et intéressants les uns que les autres, qui se croisent, se recoupent et se complètent.
Un enchevêtrement d'histoires magnifiques où les personnages semblent être perdus mais se retrouvent finalement entre eux.

L'histoire de Corrigan et de son frère Ciaran nous est tout d'abord dévoilée, puis celle de Claire et de son fils mort pendant la guerre du Vietnam, et celle de Lara, jeune errante dont les actes ne seront pas anodins. On découvre aussi des morceaux de vie du funambule, de Gloria, de Fernando, de Tillie, Jazzlyn et Jaslyn... Tant d'histoires lues avec émotion et tendresse, qui, finalement, n'en forment plus qu'une : celle de quelques semaines au coeur de New-York.



Quand j'ai commencé ce livre, je ne m'attendais à rien de particulier, pour moi c'était juste un roman de la rentrée littéraire, avec un titre attractif. Je savais qu'il parlait de New-York, mais de quelle façon, je n'en avais aucune idée.
Et au fur et à mesure de ma lecture, je l'ai trouvé de plus en plus beau - parce que malgré les évènements narrés, ce livre est beau -, de plus en plus prenant, et les personnages de plus en plus attachants.
J'ai juste mis un peu de temps pour le lire, à cause de la langue. L'anglais n'est pas plus difficile que ça, mais l'auteur a un vocabulaire plutôt étendu donc si vous n'avez pas un super niveau, je vous conseille cette fois de le lire en français, pour saisir toute la beauté du texte (en espérant que le traducteur ait réussi à la rendre). 
[EDIT: De ce que j'ai lu, la traduction ne m'a pas semblée fidèle, ce qui est bien dommage ! A lire donc en anglais si possible !]



   He sat at the counter, raised two fingers, ordered a couple of beers. There are moments we return to, now and always. Family is like water – it has a memory of what it once filled, always trying to get back to the original stream. I was on the bottom bunk again, listening to his slumber verses. The flap of our childhood letter box opened. Opening the door to the spray of sea.

   «  You ask me if I’m using heroin, man ? » He was laughing, but looking out the bar window at the rafters of the highway. « It’s worse than that, brother, much worse. »

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 16:42

Le Pourvoyeur de Cadavres, Yasunari Kawabata


kawabataEditions Albin Michel

Crazy Caraïbe


Alors que Shinpachi cherche un endroit au calme pour étudier, il en vient à partager une chambrette avec une jeune femme qu'il n'a jamais rencontré. Il vit selon le phénomène "Box and Cox", qu'il explique: il y vit le jour, et elle, la nuit. Ils ne se sont jamais croisés jusqu'à la mort de la fille. Shinpachi voit finalement ce visage blanc, et décrète sur le coup être son fiancé. Il recevra alors le faible héritage et sur le conseil d'un ami, il décidera de vendre le corps de la belle à l'école de médecine, où elle sera disséquée, ouverte, prise en photo pour Shinpachi. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que la soeur de la défunte viendrait réclamer les os restés après la supposée incinération...

J'ai trouvé la nouvelle très originale, traitant d'un thème plutôt particulier qui reflète bien le style Kawabata. La chute est bien trouvée, amusante, et explicite le titre.
Etonnant, rapide à lire, un bon moment de plaisir.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 10:47
La Triste Fin du Petit Enfant Huître et autres histoires, Tim Burton

enfanthuitre
Editions 10/18, 123 pages.
Traduit de l'Américain par René Belletto.
Titre original : The Melancholy Death of Oyster Boy

Lu en Anglais


 [:jiwel:5]


A travers de courtes histoires poétiques racontant les dures épreuves des enfants rejetés et incompris sortis tout droit de son imagination, Tim Burton arrive en quelques mots à nous faire rire, à nous effrayer, à nous rendre triste à la lecture de ces vers rythmés et rimés qui font battre notre coeur en moins de temps qu'il ne faut pour le lire. Des poèmes macabres, des héros pathétiques, de l'humour noir, tout simplement du grand Burton.

Un très bon moment à passer.



Par contre, un petit conseil... Ne le lisez pas en Français ! Très mauvaise traduction qui se concentre tellement sur les rimes qu'elle en ignore totalement le rythme et la mélodie... J'avoue que ce n'est pas une tâche facile, mais quand même...



Stick Boy and Match Girl in Love

Stick Boy liked Match Girl,
he liked her a lot.
He liked her cute figure,
he thought she was hot.

But could a flame ever burn
for a match and a stick ?
It did quite literally;
he burned up pretty quick.




Traduction : Brindille et Allumette amoureux

Brindille aimait bien Allumette,
il l'aimait vraiment beaucoup,
il adorait sa jolie silhouette,
et il la sentait chaude comme tout.

Mais le feu de la passion peut-il être,
entre une brindille et une allumette ? Eh bien
oui, à la lettre :
il flamba comme un rien. 

 

 

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