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Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

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Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 17:47

Ikebukuro West Gate Park, Ishida Ira

Editions Philippe Picquier, 318 pages
Traduit du Japonais par Anne Bayard-Sakai

Le Rouge et le Noir


Dans le quartier d’Ikebukuro, Japon, un jeune de la rue qui arrêté l’école comme nombreux autres, Makoto, passe la plupart de son temps dans le Square Ouest d’Ikebukuro. On comprend vite que cet endroit n’est pas celui le plus calme de Tôkyô. Makoto est neutre entre les guerres de clans, il connaît bien la rue, et choisit bien ses contacts : il s’entend bien avec un officier de police, avec les chefs des gangs, et parvient même à rendre service à celui des Yakuzas. C’est pour cette raison que dès qu’un événement menace de perturber l’équilibre du quartier, on fait appel à lui. Il doit alors faire face à l’ « Etrangleur », un pervers qui a frappé déjà plusieurs fois, à un enlèvement chez les Yakuzas qui cache plus qu’il n’y paraît, il se retrouve à faire « garde du corps » rapproché d’un immigré clandestin, et enfin, la dernière partie qui clôt magnifiquement ce livre montre avec un style soutenu et un suspense croissant la naissance d’un nouveau gang qui plonge le quartier dans le danger permanent, assortie d’une reporter un peu particulière et attachante.


 Quatre histoires différentes, reprenant les mêmes personnages – ou presque -, la même histoire de fond, mais jamais le même déroulement, le même raisonnement, pas une histoire ne se ressemble, pas de redondance ni de lassitude. Les histoires sont séparées mais se suivent et se recoupent.

Makoto est un personnage aux goûts et aux habitudes étranges (par exemple quand il prend l’habitude de réfléchir sur de la musique classique) pour un héros influent de « polar », mais je me suis très bien associée à lui, j’avais vraiment l’impression d’être lui et d’essayer de décider pour lui. On le suit dans son quotidien, on vit avec lui, et au fur et à mesure du livre, on le voit évoluer et tenter de changer les choses pour rendre son quartier plus vivable.

 

Moi qui ne suis pas vraiment polar, j’ai trouvé ce livre très prenant, accrochant, le rythme est soutenu et ne laisse jamais au lecteur le temps de s’ennuyer. Quand on referme le livre, on a l’impression de bien connaître la rue, les gens, les lois, les forces, alors qu’on n’en est en fait qu’un étranger (c’est ça la magie des livres, j’adore :D). Ishida Ira nous plonge au cœur d’un Japon dont on ne parle pas dans les magazines ou les guides touristiques, un Japon caché et violent, mais auquel on finit par s’attacher. Je suis sûre que si on me jetait dans Ikebukuro Ouest je saurais me retrouver :P !

 

Ikebukuro West Gate Park, la même histoire, le même héros en manga et en drama, mais aussi dans un tome 2 pour le plus grand plaisir des dévoreurs de livres !

 

"Il fait un temps magnifique. L'air bien sec glisse avec les rayons du soleil sur la peau. Température, trente-trois degrés. Je me rends seul au Square Ouest. Des cumulo-nimbus partent à l'assaut du ciel très haut au-dessus d'Ikebukuro. Des nuages à la traîne traversent en zigzaguant la façade réfléchissante du grand magasin Tôbu. Des girls courageuses tentent de faire exploser le taux d'exhibition de la peau nue. Des boys incorrigibles essaient tels des paons d'attirer l'attention des filles pour les emballer. Spectacle habituel d'un après-midi d'été à West Gate Park." 

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 10:47
La Course au Mouton Sauvage, Haruki Murakami


Editions du Seuil, 374 pages
Traduit du Japonais par Patrick De Vos (Prix Noma 1991 pour cette traduction)

[:jiwel:5]


Résumé:
Ce roman retrace l’histoire d’un cadre publicitaire trentenaire fraîchement divorcé et qui semble avoir passé les dix dernières années de sa vie à s’ennuyer. Mais cela change lorsque son emploi est menacé par un influent groupe politique de droite. Il est contacté par cette organisation de l’ombre à cause d’une photographie d’un mouton que le narrateur a eu le hasard d’utiliser pour une publicité quelconque. Le narrateur, accompagné de sa « girl friend » aux belles oreilles, doit alors se mettre à la recherche du mouton d’une race inexistante. Celui-ci a en fait des caractéristiques étonnantes : selon le docteur ès mouton que le narrateur croise sur sa route, ce mouton aurait sa volonté propre et se servirait des hommes pour arriver à ses fins, les possédant spirituellement, faisant fusionner les deux esprits en quelques sortes. Sa recherche le mènera jusqu’à l’île d’Hokkaïdô, au nord du Japon, où il y rencontrera des personnages aussi intéressants qu’étranges, et un dénouement dont ni lui, ni le lecteur, s’y serait attendu.


Mon avis:
J’avais beaucoup entendu parler positivement de La course au mouton sauvage avant de pouvoir le lire, et je n’en ai pas été déçue.
J’aime beaucoup l’ambiance que l’auteur arrive à installer dans chacun de ses romans (que j’ai retrouvée dans La ballade de l’impossible) à travers ses personnages attachants et ses dialogues originaux, ses descriptions de l’arrière-pays, de l’hiver et de la nature en général, ainsi que ses petits passages philosophiques où les personnages s’interrogent sur des sujets souvent improbables (comme par exemple quand il explique que le hasard n’est peut-être justement pas le hasard mais un acte délibéré, mais qu’au final, cela revenait au même).

Le fait que le mouton soit une sorte de mouton « magique » a été narré dans le récit avec tellement de subtilité, d’argumentation et de conviction, que cela m’a parut presque naturel et même évident qu’un tel mouton puisse réellement exister. Moi qui n’aime pas vraiment le genre fantastique, ce roman là m’a totalement séduite.

Il y a une chose qui m’a étonnée, c’est l’anonymat de tous les personnages (excepté du chat, que le chauffeur appelle « Sardine »). Le Rat, le Maître, la « girl friend »… Ce caractère impersonnel efface les personnages, et laisse une place plus importante à la quête du mouton, qui reflète en fait l’introspection du narrateur, sa quête de lui-même et de réflexion sur sa vie. Mais l’adresse littéraire de Murakami transforme ce manque de noms en une originalité plaisante.

La fin est plus que particulière, je me suis demandée comment Murakami allait rendre sa rencontre avec le mouton d’une façon à ne pas décevoir le lecteur, et je m’étais préparée à tout, sauf à ça, et qui est évidemment bien mieux. Beaucoup disent qu’ils en ont été déçus, moi j’ai retrouvé la plume magique japonaise de H. Murakami.
Une histoire sublime.



   "J'aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau. Et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d'années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. 
   En cette saison des pluies, les eaux coulaient dans leur lit, tout au long, jusqu'à la mer. Les arbres plantés en bordure de la rivière embaumaient la jeune pousse. Ce verdoiement imprégnait l'air en profondeur. Quelques couples étaient allongés sur l'herbe, épaule contre épaule, des vieux promenaient leur chien. Des lycéens fumaient une cigarette à côté de leur moto. Une nuit de début d'été comme tant d'autres."

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:14
Speed Queen, Stewart O'Nan


Editions Points, 285 pages.
Traduit de l'Américain par Philippe Garnier.

Crazy Caraïbe

 

Marjorie est condamnée à mort. C’est coincée dans sa cellule, à quelques heures de sa fin, qu’elle nous livre sous la forme d’une cassette audio (qu’elle envoie à Stephen King pour qu’il en écrive un best-seller) toute sa vie et tout ce qui lui est arrivé depuis le moment où ça dérape et sa condamnation. Elle ne regrette rien. Tout ce qu’elle veut, c’est rétablir la vérité. Elle raconte alors son enfance, sa famille, son adolescence, sa prise d’indépendance, ses petits boulots, et bien sûr la drogue et l’alcool, moteurs principaux du roman, sans oublier non plus la passion des voitures, d’où son surnom de Speed Queen. Elle rencontre Lamont, puis à un détour inattendu de sa vie, elle rencontre Natalie, qui vient habilement corser les choses. Pris dans un engrenage comme souvent le cause la drogue, les trois personnages se retrouveront perdus et paniqués, et créeront des situations qui ne tourneront ni à leur avantages, ni à celui de leurs victimes…



J’ai trouvé ce livre prenant, rebondissant, et même si l’on connaît la fin dès le début, le suspense va grandissant. J’ai juste eu un peu de mal au début, après avoir lu Stendhal, j’ai pas vraiment accroché tout de suite avec les personnages, ni leur vie d’ailleurs. Ils semblent perdus, ne savent pas où ils vont, tout comme ils fuient à la fin de leurs habitudes et de tout ce qu’ils ont toujours connu. Une vie de droguée comme on en voit dans d’autres bouquins ou films. Par contre quand on commence enfin à comprendre ce qui s’est passé (c’est-à-dire vers le milieu du livre), là ça devient vraiment intéressant et c’est difficile de lâcher.

Au niveau de la langue, la traduction française est bonne, malgré certains choix étonnants du traducteur qui décide justement de ne pas traduire et de laisser le mot en anglais. C’est bien d'un côté car ça permet au lecteur de rester plus proche de l’environnement américain (qui occupe une place importante) et de toutes façons certains mots ne sont même pas traduisibles, mais le mieux c’est de le lire en anglais pour se plonger complètement dans l’univers et éviter de ressentir un décalage entre deux cultures en plein milieu de l’action.

Facile et rapide à lire, un bon petit roman d’action à l’américaine !




  C'était ça mon surnom dans les journaux – Speed Queen, la Reine du Speed. J'ai toujours été un peu plus vite que le reste du monde. C'est sans doute pour ça que je suis ici, d'ailleurs. Je ne m'arrête pas toujours pour réfléchir, je veux foncer. Lamont disait toujours que j'étais bâtie pour foncer. C'est vrai ; le monde m'a toujours paru un peu lent. C'est chimique, je crois. Tout ce que je faisais allait dans le même sens. Quand je me défonçais, je n'avais pas besoin de manger ni dormir ni rien, juste de monter dans cette Roadrunner et foncer.

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:45

Le Rouge et le Noir, Stendhal


Editions Le Livre de Poche, 577 pages.

   

Le Rouge et le Noir

 

 

 

L’histoire commence (et finit) dans le petit village de Verrières, au XIXe siècle. Julien Sorel, simple fils de charpentier, ne s’accommode pas de sa condition et révèle une très grande ambition et un orgueil qui lui permettront de réussir là où il n’aurait pas dû. Il connaît la bible en latin par cœur, ce qui lui vaut d’être le précepteur des enfants du maire de Verrières, M. de Rênal. Mais poussé par un héroïsme Napoléonien, romanesque et inapproprié, et surtout par l’ambition de la victoire – car ses conquêtes ne sont tout d’abord qu’un jeu pour lui – il séduit la bonne et prude Mme de Rênal. Des rumeurs le forcent alors à quitter le village pour Besançon, où il poursuit sa carrière ecclésiastique pendant un an. Son caractère le mènera au marquis de la Mole, qui lui fera découvrir la haute société Parisienne qu’il a toujours voulu fréquenter. Son orgueil ne le lâchera pas et sera le maître de toutes ses actions, autant en société qu’avec la fille du marquis, Mathilde, et autant pour lui servir que pour lui desservir.

 

 



Il est impossible de résumer en quelques mots cette œuvre imposante, mais j'ai essayé d'en donner les grandes lignes. J'ai beaucoup entendu qu'il fallait du courage pour le lire, mais sincèrement, il ne m'en a pas fallut du tout. Il est parfois long, mais néanmoins très intéressant, j'ai vraiment apprécié. Il montre un jeune de basse naissance plein d'énergie et d'ambition et qui juge la société française du XIXe siècle à sa façon, c’est-à-dire sous un angle assez original. Les personnages ont une psychologie très développée et extrêmement intéressante bien que parfois étonnante et très surprenante. Il en est de même pour les relations qu'ils peuvent entretenir, notamment entre Mathilde et Julien. Malgré leur instabilité, je me suis beaucoup accroché aux personnages, et j’en ai même été triste de les quitter en refermant le livre (ce qui m’arrive pourtant rarement). Les allusions littéraires et historiques sont nombreuses et apparemment très précises et décisives, mais je n’ai malheureusement pas les notions suffisantes pour les comprendre. Je pense que certains l’apprécieront encore mieux que moi, et si je peux vous donner un conseil, si vous aimez la littérature du XIXe ou l’histoire de France à l’époque de Napoléon, n’hésitez pas à le lire et ne vous laissez surtout pas décourager par l’épaisseur ou les longueurs de l’œuvre !



Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. Julien, tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix douce dit tout près de son oreille :

- Que voulez-vous ici, mon enfant ?

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 07:10
Love & Pop, de Ryû Murakami


Editions Philippe Picquier

Traduit du Japonais par Sylvain Cardonnel

Le Rouge et le Noir


L’histoire se déroule sur une seule journée, durant laquelle Hiromi, jeune Japonaise, s’essaie à une forme de prostitution dans le but de récolter assez d’argent pour pouvoir s’offrir une très belle – et très chère – bague. Elle retrouve ses amies pour une séance de shopping qui l’initient aux rendez-vous avec des hommes souvent âgés et mariés contre de l’argent. Hiromi fera ses expériences – plus ou moins bonnes – à travers trois rendez-vous qui, on l’imagine, lui laisseront une très forte impression. Réussira-t-elle donc à s’acheter sa bague tant convoitée au prix de nombreux risques ? Je vous laisse le lire pour le découvrir ;) !


A travers un style léger, rythmé, qui montre une sorte de naïveté quelque part, mais qui est pourtant si grave à la fois, Ryû Murakami dénonce une activité immorale qui tend à se répandre au Japon. Ecrit à la façon d’Andy Warhol, comme l’auteur le qualifie lui-même, ce roman est un patchwork de passages entendus, captés à la va-vite (messages téléphoniques, extraits de catalogues, télévision…), insérés sans style au milieu de la trame.

°

 

Personnellement, j’ai adoré. On se laisse embarquer dans cette histoire qui ne laisse aucun répit au lecteur, bien au contraire : il tient en haleine jusqu’au dénouement, à la toute fin du livre, où la tension se fait horriblement ressentir.

A dévorer d’une seule traite =) !

 

 

Le bruit - ainsi qu'il l'avait précisé au téléphone - n'était pas celui d'un crachat de salive mais la première impression qu'il donnait était franchement mauvaise. Le chemin était étroit, peu de gens l'empruntaient. Aucun autre commerce alentour, des bâtisses les unes après les autres. Il y avait peu de pavillons mais surtout de vieux immeubles d'habitation en bois. Les rayons du soleil couchant se reflétaient à la surface trouble de la rivière. Uehara sentait mauvais, une odeur rance, une odeur d'égout émanait de lui. Hiromi pensa qu'elle devait absolument vérifier qu'il avait l'argent.

- Bon, je me demandais si tu accepterais de m'accompagner, tseu, dans la supérette et dans un vidéo-club ?

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 07:34
Chronique d'une mort annoncée, de Gabriel García Márquez.

Editions Le Livre de Poche, 116 pages.
Traduit de l'espagnol par Claude Couffon.

Crazy Caraïbe


Comme le titre l'indique clairement, les jumeaux Vicario n'ont pas cherché à dissimuler leurs intentions : tuer Santiago Nasar pour rétablir l'honneur de leur famille. Durant des heures au petit matin, les deux frères ont fait le tour du village répandant la nouvelle sans que toutefois personne ne fasse quoi que ce soit pour les en empêcher. Seul le principal concerné n'était pas au courant. Comment donc l'évènement a-t-il finalement pu se produire ? c'est ce que l'auteur nous explique tout au long de ce court roman.



Une sorte d'enquête pour ma part très bien menée, ou rien n'est dévoilé trop à l'avance ou trop après, gardant justement le suspense du crime pour la fin (qui m'a d'ailleurs laissé un sentiment un peu dérangeant par rapport à Santiago Nasar quand j'ai refermé le bouquin, mais bon, je suis sensible ^^). On apprend à bien connaître les personnages au fur et à mesure, à les trouver réalistes et pourtant si absurdes en même temps, et on y découvre le rôle important de la fatalité, et le fait qu'on ne peut rien face à elle.


Les frères partent alors sur le champ s'armer de couteaux avec lesquels ils égorgent les cochons, et se disent que s'ils peuvent égorger des cochons, cela ne sera sûrement pas plus dur de tuer un homme. Ils se rendent ensuite chez un ami pour aiguiser leurs couteaux et commencent à raconter à tout le monde leurs intentions meurtrières. Tout le monde est alors au courant, mais personne ne croit leurs paroles, et surtout personne ne pense à avertir Santiago. Certains n'en parlent pas, les croyant trop saouls pour pouvoir raconter la vérité, d'autres croient ce qu'ils disent, mais n'arriveront pas à prévenir l'intéresse à temps à cause de certaines circonstances comme le fait qu'il soit sorti par la porte de derrière de chez lui, plutôt que passer par la grand place, ou encore son attitude joyeuse, les poussant à croire que tout cela etait passé.

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 07:22
Crazy Caraïbe, de Nicolas Rey.

Editions Sarbacane, 201 pages.

Speed queen


Résumé :
Un peu à la façon d'une chasse au trésor, ce roman - le premier de cet enseignant - regroupe et met en scène plusieurs personnages tout aussi différents les uns que les autres et pourtant tous très attachants en quête d'un même objet : un sac de coke.
Après son crash en avion, Miguel Angel confie son trésor au petit Indien Sergio qui s'empresse de le planquer en territoire Garifuna, et ne cherchera à le récupérer que pour goûter au bonheur selon lui jalousement gardé par cette communauté aux rituels étranges dont il ne fait pas partie. S'emmêlent ensuite l'ancien shaman devenu alcoolique, la belle Roxana, le chef d'un gang et ancien prisonnier: El Negrito, deux tueurs, sans oublier de nombreux autres personnages tout aussi importants.
La chasse avance doucement, et tous ont bien l'intention de récupérer la magot pour leurs propres intérêts. Mais qui l'aura au final ? Et à quel prix ?


Avis personnel :
Personnellement, j'ai trouvé ce livre rapide à lire, tout est fluide et coule de source, je n’ai ressenti aucune accroche dans le style. Style bien particulier d’ailleurs, où l’auteur ne cherche absolument pas à s’effacer derrière ses phrases et, même s'il ne fait jamais mention de lui-même, il écrit comme il parle, le plus naturellement du monde. Dans les dialogues les mots sont hachés, le vocabulaire argotique, et ça ne m’a pas vraiment choqué parce que ça se fond bien dans le décor que l’auteur a créé. Je ne saurais mieux décrire exactement son style en général, mais je l’ai trouvé bien original, et le mieux pour vous en faire une idée c’est de le lire ^^ .

°

Dérapage, sur 10 mètres. 20 mètres. Des étincelles jaillissent de partout, les baraques défilent, les balles ricochent sur la carlingue. Des cris, des visages, des plaies. Et cette odeur de métal cramé, insupportable, qui se fait de plus en plus précise… La radio du bus diffuse du Sinatra. Tourbillonne et tourbillonne.
- Ce bus me donne le tournis. Passe-moi le BAZOOKA !

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Published by Coraly - dans Jeunesse
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