Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Dans ma bibliothèque...
  • : Tous mes avis sur mes lectures, mes coups de cœur, mes découvertes, de la littérature japonaise aux classiques anglais en passant par la science-fiction !
  • Contact

Lectures en cours

 

H2G2.jpg

Rechercher

Coups de coeur

  lecoeurrégulier 


 

Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

  enfanthuitre

Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:01

Au coeur du monde, Blaise Cendrarscoeurmonde.jpg

Editions Gallimard, 120 pages





Le livre Au coeur du Monde comporte également les recueils de poésie de Cendrars intitulés Feuilles de route, Sud-Américaines et Poèmes divers.


Dans tous ses poèmes, on retrouve les thèmes du voyage, des femmes, du monde et de l'extérieur. Blaise Cendrars découvre et nous fait partager ses sentiments en quelques mots tapés sur sa machine à écrire qu'il ne quitte pas.
En lisant Feuilles de route, on voyage et on pense avec lui, c'est nous qui partons sur les routes des continents du Sud sous le soleil.



Par contre je préfère vous prévenir, ce n'est pas de la poésie au sens où on l'entend. Pas de quatrains ni de pieds, pas de rimes ou de mélodies, et même parfois des mots qui n'ont aucune tonalité poétique, c'est à se demander pourquoi il a tenu à écrire ça.
Certains "poèmes" peuvent soulever une incompréhension, voire des moqueries chez certains lecteurs, mais je pense qu'il faut lire Cendrars non pas pour la beauté des mots, mais pour la beauté des images.
Un peu à la façon des haïkus, il arrive à nous décrire en seulement quelques mots des paysages magnifiques, des ambiances envoûtantes, et en l'espace de quelques secondes on est complètement transporté dans un autre monde.

C'est un recueil à lire comme un roman, une histoire d'aventure, car les poèmes décrivent chaque étape de son parcours et de ses idées.


La Lettre
Tu m'as dit si tu m'écris
Ne tape pas tout à la machine
Ajoute une ligne de ta main
Un mot un rien oh pas grand'chose
Oui oui oui oui oui oui oui oui

Ma Remington est belle pourtant
Je l'aime beaucoup et travaille bien
Mon écriture est nette et claire
On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée

Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire
Vois donc l'oeil qu'a ma page
Pourtant pour te faire plaisir j'ajoute à l'encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d'encre
Pour que tu ne puisses pas les lire


Pour ma part, je crois que c'est le livre que je prendrais si je devais me retrouver sur une île déserte.
Il a beau être fin, ces lignes contiennent plus que certains pavés de 800 pages. Chaque poème est à lire et à relire, à écouter et à comprendre, à imaginer pour se plonger dedans et disparaîre complètement du présent.


Villa Garcia
Trois croiseurs rapides un navire hôpital
Le pavillon anglais
Des signaux optiques lumineux
Deux carabinieros dorment sur les fauteuils du pont
Enfin nous partons
Dans les vents sucrés



Je le conseille vivement à quiconque aime imaginer et voyager !

Repost 0
29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 18:57

La double vie d’Anna Song, Minh Tran Huy

 la-double-vie-danna-song

Editions Actes Sud, 188 pages.

 

Crazy Caraïbe

 

Quand Anna Song meurt, terrassée par un cancer des ovaires, elle n’avait pas encore rencontré le succès qu’elle aurait dû avoir de son vivant. Elle a dédié sa vie au piano, mais une paralysie des doigts suivie du cancer, l’ont empêchée de continuer à se produire sur scène. Grâce à son mari, Paul Desroches, son manager et producteur, elle a passé le reste de ses journées dans son studio d’enregistrement à rejouer les grandes œuvres musicales qu’elle espérait laisser comme une trace d’elle. Les médias, qui s’émerveillent tardivement de son talent, se retournent cependant quelques mois après, et le nom d’Anna Song sera peu à peu tâché du plus grand scandale que le monde de la musique aura connu.

 

 


Le récit est double – on aurait pu le deviner avec le titre, mais le vrai sens de celui-ci ne se révèle vraiment au lecteur qu’à la dernière partie – avec d’un côté les articles de journaux datés d’après la mort d’Anna, et de l’autre Paul qui nous raconte toute la vie de la pianiste, de leur rencontre à l’âge de huit ans, à leurs derniers jours passés ensemble…

Minh Tran Huy laisse planer le suspense jusqu’aux toutes dernières pages, et nous promène d’une plume douce et mélodieuse le long des doutes, des souvenirs et des sentiments. Les digressions sur les compositeurs classiques, l’histoire et la géographie du Viêtnam - dont les descriptions donnent vraiment envie ! – sont insérées avec subtilité, et nous instruisent avec plaisir.

 

 
    A Hué, cependant, il en était allé autrement, notamment lors de la croisère sur la rivières des Parfums, quand ils avaient fait halte pour aller voir les tombeaux impériaux, monuments entourés de lacs, de collines et de plantes ornementales élevés pour préserver de l'oubli ceux qui avaient régné sur le Viêtnam. Leur beauté qui se voulait immortelle prenait ironiquement, du fait du silence environnant, de la pierre rongée par les ans, des sculptures effritées et des bronzes noircis, une tonalité des plus mélancoliques, donnant à ressentir le caractère éphémère de toutes choses, et en particulier de celles qu'on croyait voir durer toujours.   


J’ai trouvé ce roman vraiment très agréable à lire, l’auteure a un style vraiment fluide et envoûtant, que je n’avais plus lu depuis longtemps. Je me suis plongée avec plaisir dans le passé d’Anna, mais sans comprendre le sens des articles de journaux que je trouvais au début répétitifs et ennuyeux. Puis petit à petit, les deux parties du roman se mettent à coïncider, toute la trame se met en place rapidement, et l’histoire se fait de plus en plus pressante et angoissante.

J’ai imaginé toutes les conclusions possibles, mais la révélation finale m’a littéralement sidérée. Alors qu’on s’attache aux personnages, et qu’on est témoin des plus profonds et sincères sentiments – que ce soit pour les grands-mères ou pour Anna et Paul -, on voit les masques tomber au fur et à mesure, à notre plus grande stupéfaction.

 

Je meurs d’envie de vous révéler la fin, mais je trouve que j’en ai déjà trop dit, et je préfère vous laisser le plaisir de découvrir par vous-même !




     J'avais eu un secret, celui de mes sentiments pour mon amie, que je n'avais jamais confiés à personne par peur du ridicule, par incapacité à les cerner, par désir de les garder pour moi, aussi. Un secret impalpable et délicat, tissé de la matière même des songes. Je ne l'avais plus. Il s'était dissous dans l'air, et personne, ma grand-mère mise à part, ne s'en était aperçu. Simplement, j'ai arrêté d'écouter les disques de musique classique qui passaient jusque là en boucle dans ma chambre : après avoir hésité à les jeter, je les ai rangés dans un carton et descendus à la cave. Quand je suis remonté, j'ai éteint la lumière et refermé la porte en espérant que cela me permettrait de clore dans le même mouvement l'histoire qui nous avait liés, Anna et moi.   

Repost 0
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:45

Le Rouge et le Noir, Stendhal


Editions Le Livre de Poche, 577 pages.

   

Le Rouge et le Noir

 

 

 

L’histoire commence (et finit) dans le petit village de Verrières, au XIXe siècle. Julien Sorel, simple fils de charpentier, ne s’accommode pas de sa condition et révèle une très grande ambition et un orgueil qui lui permettront de réussir là où il n’aurait pas dû. Il connaît la bible en latin par cœur, ce qui lui vaut d’être le précepteur des enfants du maire de Verrières, M. de Rênal. Mais poussé par un héroïsme Napoléonien, romanesque et inapproprié, et surtout par l’ambition de la victoire – car ses conquêtes ne sont tout d’abord qu’un jeu pour lui – il séduit la bonne et prude Mme de Rênal. Des rumeurs le forcent alors à quitter le village pour Besançon, où il poursuit sa carrière ecclésiastique pendant un an. Son caractère le mènera au marquis de la Mole, qui lui fera découvrir la haute société Parisienne qu’il a toujours voulu fréquenter. Son orgueil ne le lâchera pas et sera le maître de toutes ses actions, autant en société qu’avec la fille du marquis, Mathilde, et autant pour lui servir que pour lui desservir.

 

 



Il est impossible de résumer en quelques mots cette œuvre imposante, mais j'ai essayé d'en donner les grandes lignes. J'ai beaucoup entendu qu'il fallait du courage pour le lire, mais sincèrement, il ne m'en a pas fallut du tout. Il est parfois long, mais néanmoins très intéressant, j'ai vraiment apprécié. Il montre un jeune de basse naissance plein d'énergie et d'ambition et qui juge la société française du XIXe siècle à sa façon, c’est-à-dire sous un angle assez original. Les personnages ont une psychologie très développée et extrêmement intéressante bien que parfois étonnante et très surprenante. Il en est de même pour les relations qu'ils peuvent entretenir, notamment entre Mathilde et Julien. Malgré leur instabilité, je me suis beaucoup accroché aux personnages, et j’en ai même été triste de les quitter en refermant le livre (ce qui m’arrive pourtant rarement). Les allusions littéraires et historiques sont nombreuses et apparemment très précises et décisives, mais je n’ai malheureusement pas les notions suffisantes pour les comprendre. Je pense que certains l’apprécieront encore mieux que moi, et si je peux vous donner un conseil, si vous aimez la littérature du XIXe ou l’histoire de France à l’époque de Napoléon, n’hésitez pas à le lire et ne vous laissez surtout pas décourager par l’épaisseur ou les longueurs de l’œuvre !



Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. Julien, tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix douce dit tout près de son oreille :

- Que voulez-vous ici, mon enfant ?

Repost 0