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Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

  enfanthuitre

Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 10:47
La Course au Mouton Sauvage, Haruki Murakami


Editions du Seuil, 374 pages
Traduit du Japonais par Patrick De Vos (Prix Noma 1991 pour cette traduction)

[:jiwel:5]


Résumé:
Ce roman retrace l’histoire d’un cadre publicitaire trentenaire fraîchement divorcé et qui semble avoir passé les dix dernières années de sa vie à s’ennuyer. Mais cela change lorsque son emploi est menacé par un influent groupe politique de droite. Il est contacté par cette organisation de l’ombre à cause d’une photographie d’un mouton que le narrateur a eu le hasard d’utiliser pour une publicité quelconque. Le narrateur, accompagné de sa « girl friend » aux belles oreilles, doit alors se mettre à la recherche du mouton d’une race inexistante. Celui-ci a en fait des caractéristiques étonnantes : selon le docteur ès mouton que le narrateur croise sur sa route, ce mouton aurait sa volonté propre et se servirait des hommes pour arriver à ses fins, les possédant spirituellement, faisant fusionner les deux esprits en quelques sortes. Sa recherche le mènera jusqu’à l’île d’Hokkaïdô, au nord du Japon, où il y rencontrera des personnages aussi intéressants qu’étranges, et un dénouement dont ni lui, ni le lecteur, s’y serait attendu.


Mon avis:
J’avais beaucoup entendu parler positivement de La course au mouton sauvage avant de pouvoir le lire, et je n’en ai pas été déçue.
J’aime beaucoup l’ambiance que l’auteur arrive à installer dans chacun de ses romans (que j’ai retrouvée dans La ballade de l’impossible) à travers ses personnages attachants et ses dialogues originaux, ses descriptions de l’arrière-pays, de l’hiver et de la nature en général, ainsi que ses petits passages philosophiques où les personnages s’interrogent sur des sujets souvent improbables (comme par exemple quand il explique que le hasard n’est peut-être justement pas le hasard mais un acte délibéré, mais qu’au final, cela revenait au même).

Le fait que le mouton soit une sorte de mouton « magique » a été narré dans le récit avec tellement de subtilité, d’argumentation et de conviction, que cela m’a parut presque naturel et même évident qu’un tel mouton puisse réellement exister. Moi qui n’aime pas vraiment le genre fantastique, ce roman là m’a totalement séduite.

Il y a une chose qui m’a étonnée, c’est l’anonymat de tous les personnages (excepté du chat, que le chauffeur appelle « Sardine »). Le Rat, le Maître, la « girl friend »… Ce caractère impersonnel efface les personnages, et laisse une place plus importante à la quête du mouton, qui reflète en fait l’introspection du narrateur, sa quête de lui-même et de réflexion sur sa vie. Mais l’adresse littéraire de Murakami transforme ce manque de noms en une originalité plaisante.

La fin est plus que particulière, je me suis demandée comment Murakami allait rendre sa rencontre avec le mouton d’une façon à ne pas décevoir le lecteur, et je m’étais préparée à tout, sauf à ça, et qui est évidemment bien mieux. Beaucoup disent qu’ils en ont été déçus, moi j’ai retrouvé la plume magique japonaise de H. Murakami.
Une histoire sublime.



   "J'aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau. Et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d'années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. 
   En cette saison des pluies, les eaux coulaient dans leur lit, tout au long, jusqu'à la mer. Les arbres plantés en bordure de la rivière embaumaient la jeune pousse. Ce verdoiement imprégnait l'air en profondeur. Quelques couples étaient allongés sur l'herbe, épaule contre épaule, des vieux promenaient leur chien. Des lycéens fumaient une cigarette à côté de leur moto. Une nuit de début d'été comme tant d'autres."

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 07:10
Love & Pop, de Ryû Murakami


Editions Philippe Picquier

Traduit du Japonais par Sylvain Cardonnel

Le Rouge et le Noir


L’histoire se déroule sur une seule journée, durant laquelle Hiromi, jeune Japonaise, s’essaie à une forme de prostitution dans le but de récolter assez d’argent pour pouvoir s’offrir une très belle – et très chère – bague. Elle retrouve ses amies pour une séance de shopping qui l’initient aux rendez-vous avec des hommes souvent âgés et mariés contre de l’argent. Hiromi fera ses expériences – plus ou moins bonnes – à travers trois rendez-vous qui, on l’imagine, lui laisseront une très forte impression. Réussira-t-elle donc à s’acheter sa bague tant convoitée au prix de nombreux risques ? Je vous laisse le lire pour le découvrir ;) !


A travers un style léger, rythmé, qui montre une sorte de naïveté quelque part, mais qui est pourtant si grave à la fois, Ryû Murakami dénonce une activité immorale qui tend à se répandre au Japon. Ecrit à la façon d’Andy Warhol, comme l’auteur le qualifie lui-même, ce roman est un patchwork de passages entendus, captés à la va-vite (messages téléphoniques, extraits de catalogues, télévision…), insérés sans style au milieu de la trame.

°

 

Personnellement, j’ai adoré. On se laisse embarquer dans cette histoire qui ne laisse aucun répit au lecteur, bien au contraire : il tient en haleine jusqu’au dénouement, à la toute fin du livre, où la tension se fait horriblement ressentir.

A dévorer d’une seule traite =) !

 

 

Le bruit - ainsi qu'il l'avait précisé au téléphone - n'était pas celui d'un crachat de salive mais la première impression qu'il donnait était franchement mauvaise. Le chemin était étroit, peu de gens l'empruntaient. Aucun autre commerce alentour, des bâtisses les unes après les autres. Il y avait peu de pavillons mais surtout de vieux immeubles d'habitation en bois. Les rayons du soleil couchant se reflétaient à la surface trouble de la rivière. Uehara sentait mauvais, une odeur rance, une odeur d'égout émanait de lui. Hiromi pensa qu'elle devait absolument vérifier qu'il avait l'argent.

- Bon, je me demandais si tu accepterais de m'accompagner, tseu, dans la supérette et dans un vidéo-club ?

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