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Coups de coeur

  lecoeurrégulier 


 

Kafka sur le rivage courseaumoutonsauvage.jpg

  enfanthuitre

Aperçu

- Même s'il fait beau, vous feriez mieux de prendre votre parapluie.
Le policier hocha la tête. Puis il se retourna pour regarder l'horloge sur le mur derrière lui. Le collègue avec qui il avait rendez-vous n'allait pas tarder à l'appeler.

- Entendu, je prendrai mon parapluie.
- Il va tomber des poissons du ciel comme s'il en pleuvait. Des sardines, je pense. Mais il y aura peut-être bien quelques maquereaux aussi.
Le policier éclata de rire.
- Des sardines et des maquereaux ! répéta-t-il. Dans ce cas, il vaudrait mieux ouvrir son parapluie à l'envers pour recueillir les poissons et, de cette façon, on pourra préparer du maquereau au vinaigre !
- Le maquereau au vinaigre est un des plats préférés de Nakata, répondit le vieil homme avec le plus grand sérieux. Mais demain, à cette heure-là, Nakata ne sera plus là.

Le lendemain, quand une pluie de sardines et de maquereaux se mit effectivement à tomber sur ce coin de l'arrondissement de Nakano, le jeune policier se sentit blêmir. Environ deux mille poissons tombèrent soudain du ciel, sans le moindre signe précurseur. La plupart s'écrasèrent par terre à l'arrivée mais quelques-uns, encore vivants, frétillaient sur le sol devant les boutiques de la rue commerçante.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Mes avis

 : Pas terrible
 : Déjà vu mieux
 : Agréable à lire
 : Passionant 
 : Magnifique
  : Coup de coeur

Bienvenue, Welcome, Yôkoso!

 

Vous voilà sur un blog entièrement dédié à la lecture, l'une de mes grandes passions.

J'ai une préférence marquée pour la littérature japonaise, et la littérature classique anglaise et française (pour le moment, mais je change souvent !)

J'aime en général lire de tout, je n'ai pas vraiment de barrières,

aussi je vous propose dans ce blog de vous faire partager toutes mes lectures,

tout comme je serais ravie que vous me fassiez découvrir les vôtres ^^ !




Bonne balade !


 

20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 19:12

Le Coeur Régulier, Olivier Adam

 

 

Editions de l'Olivier, 232 pages

 

 

lecoeurrégulier

 

    Le jour où Nathan avait croisé sa route, il y a huit mois de ce la, Natsume  Dombori n'était pas encore devenu ce héros national, cette célébrité. Il a fallu qu'il pose sa main sur l'épaule d'un journaliste au bord du gouffre, qu'il le ramène chez lui, le garde quelques semaines, lui offre le gîte, le couvert et sa patiente écoute, et que ce dernier croie bon de raconter tout cela dans le journal qui l'employait, sans omettre de préciser qu'il était loin d'être le premier à avoir ainsi été sauvé, recueilli et soigné. Hiromi affirme que depuis que cet ancien flic du district s'est fixé la mission de décourager les candidats au suicide et de les prendre  sous son aile, soit trois ans maintenant, le nombre de morts volontaires a diminué de moitié. J'ignore d'où elle tient cela, si des statistiques existent, si elle les tient elle-même.


 

 

 

 

     C'est un livre qui m'a fait tellement d'effet que je ne sais pas vraiment par où commencer ni si je saurais trouver les mots justes pour vous décrire mes impressions de lecture... Je vais sûrement très mal en parler, mais après réflexion, je pense qu'il vaut mieux mal en parler et tenter de vous le faire connaître que de ne pas en parler du tout.

 

 


    Je vais donc démarrer par la conclusion (logique, n'est-ce pas?) : c'est un roman absolument MA-GNI-FIQUE qu'il faut absolument que vous lisiez si vous en avez l'occasion !!

    Le lecteur se plonge directement dans les pensées d'une jeune femme, Sarah, mère de deux beaux enfants, au père attentif, une grande maison dans un quartier résidentiel; bref, une vie rangée, agréable, parfaite, "trop parfaite" même, selon ses dires. Mais au milieu de cette vie trop longtemps fardée, son frère, Nathan, son jumeau presque, tant ils ont partagé leur enfance et leurs idées, fait irruption avec son mal-être et son insistance. Il n'apprécie pas le mari, Paul, chose réciproque, et Sarah l'écarte peu à peu de sa vie.

    Seulement, quand Nathan meurt - accident de voiture, suicide ? - Sarah est sous le choc. Elle réalise qu'elle ne connaissait que trop peu de choses de lui, excepté qu'il était parti au Japon un peu plus tôt et qu'il en était revenu transformé, heureux.

    Réalisant du même coup que son foyer est froid, faux, elle s'enfuit au Japon sur les traces de son frère afin de comprendre ce qu'il était devenu, de le redécouvrir en même temps qu'elle fait le point sur sa propre vie et qu'elle se redécouvre elle-même.

 

 


tojinbo.jpg 

Tojinbo, village japonais où se déroule l'histoire


 

 

 

    Dans la salle il n'y a plus personne, juste la patronne qui débarasse les tables puis les fait reluire à l'aide d'un chiffon. Ses gestes sont vifs et légers, comme déconnectés de son corps, sa silhouette un peu raide, son visage tendu. Elle me propose une dernière tasse de café, un bol de thé vert. Je la remercie et, pour la première fois depuis que je suis ici, j'ose sortir de ma poche la photo de Nathan. Elle rit en le voyant et ça me fait un bien fou d'entendre ce rire, ça me fait un bien fou d e savoir que quelqu'un qui l'a croisé peut rire à son souvenir. Dans son anglais rudimentaire elle me dit que oui, elle s'en souvient, il est resté quinze jours chez elle, il était toujours saoul, en train de chanter et de rire ou de pleurer, "a very strange and very kind man". "C'est mon frère", lui dis-je. Mon frère. Je répète plusieurs fois ces mots, aussitôt les murs et le sol les engloutissent, à peine prononcés ils disparaissent, absorbés par le silence mat. Elle me prend les mains et me les serre, les siennes sont petites et comme couvertes de talc. Ses yeux brillent et son visage est d'une bienveillance grave et douce. On dirait qu'elle me présente ses condoléances. Comment peut-elle savoir ? Qu'a-t-elle bien pu deviner ? Elle se penche vers moi et me glisse à l'oreille, sans me lâcher les mains :

- Don't go see cliffs again. Not good for you.

 

 

 

 

 

    C'est une très belle ode à la fraternié, à l'amour, à la sensibilité. On suit l'évolution psychologique de Sarah, les découvertes qu'elle fait sur son frère, elle le revoit vivre une dernière fois. Son avancée, plongée au coeur d'un Japon apaisant et quotidien, est entrecoupée de ses souvenirs qui percent les apparences, dévoilant les difficiles vérités refoulées.

    Le style est magnifique, mélancolique, les descriptions sont belles, lyriques, rythmées, on se laisse porter le long des sentiments fraternels, des regrets, tout en restant dans un ton juste, jamais mièvre ou exagéré.

Mais au-delà se retrouve un élan d'espoir en l'homme - ou plus précisément en son prochain, en celui que l'on croise dans la rue qui cache ses faiblesses et que l'on a envie d'aider - à travers le personnage de Natsume notamment, discret et peu loquace, qui donne toute sa profondeur au roman.

 

    Finalement, "Le coeur régulier" c'est se retrouver dans ses sentiments et dans le coeur des autres, c'est dévoiler le non-dit, comprendre sans même se servir des mots (il n'y a d'ailleurs que très peu de dialogues et la barrière de la langue n'en est finalement plus une), tout passe par l'émotion, les sens, la présence de l'autre à ses côtés (ou non) lorsqu'il y en a besoin, c'est retrouver son rythme, un battement paisible.

 

 

Tojimbo.jpg

 

 

 

   Je n'ai pas vraiment su vous dire à quel point ce livre m'a touché, puisque j'en ai même dû arrêter ma lecture à plusieurs reprises pour avoir le temps de digérer certaines révélations ou scènes imposantes, et j'aurais aimé vous raconter bien plus (surtout sur le Japon très justement dépeint), mais le mieux c'est que vous alliez le dévorer dès que vous pouvez !!

 

 

    Personnellement, je compte très vite continuer à découvrir cet auteur que je ne connaissais pas (non, je n'ai jamais lu/vu "Je vais bien, ne t'en fais pas", mais ça ne saurait tarder!), et comme j'ai vu qu'il était dans la sélection pour le Goncourt, je lui souhaite de réussir !

 

 

 

    Un petit passage dans "La Grande Librairie", où Olivier Adam interrogé par François Busnel saura vous donner bien plus envie ! (Il vous suffit de cliquer ici)

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commentaires

Fleurdelyss13 21/12/2010 19:53



Bonsoir Coraly


J'avais noté ce livre au cours de l'émission "La grande Librairie". On m'en a parlé aussi dans un club de lecture.


Ton commentaire me conforte dans mon choix.


Comme toi, la lecture est une de mes passions et j'ai créé un blog pour la partager.


Je te souhaite une bonne soirée


A bientôt



Coraly 26/12/2010 18:17



Bonsoir Fleurdelyss, 
effectivement, lors de l'émission "La grande librairie", Olivier Adam a su parler du Coeur régulier d'une telle façon qu'il était absolument impossible de ne pas succomber à la tentation
!! Et si ce n'est déjà fait, je ne saurais que te conseiller, te presser même de le lire ;) !  
Bonne soirée ^^ ! 



Pichenette 15/11/2010 18:55



Oh si, très noir. J'ai lu une horrible critique sur lui de Beigbeder, intitulée : Romancier pour "desperate housewives". Je raccourcis : Dans son premier roman, OA racontait avec
sensibilité et humanité l'histoire d'une caissière de chez Shopi qui partait à la recherche de son frère disparu. 10 ans après, OA publie son 8ième roman. Il y raconte avec sensibilité et
humanité l'histoire d'une mère de famille qui part à la recherche de son frère disparu. Dans A l'abri de rien, OA  racontait avec sensibilité et humanité l'histoire d'une femme tourmentée
par la disparition de sa soeur. Dans Les vents contraires, il  racontait avec sensibilité et humanité l'histoire d'un homme dont la femme a disparu. On peut reprocher ce qu'on veut à OA ,
mais pas d'être incohérent! Ca continue comme ça tout l'article: c'est drôle, caustique, méchant, et ... un peu vrai!



Coraly 16/11/2010 19:46



Haha, c'est génial !! Je n'apprécie pas vraiment le personnage de Beigbeder mais il faut dire qu'il a quand même un don pour expliquer les choses...comment dire, très personnel ! Effectivement un
peu vrai, ça ne gâche en rien le talent d'Olivier Adam, et il explique justement dans la Grande Librairie que tous ses livres jusqu'à présent n'étaient que le "brouillon" en quelque sorte du
Coeur Régulier, donc sa meilleure production.


Je serais quand même bien curieuse de lire l'article en entier :P !



pichenette 09/11/2010 21:40



On retrouve les thèmes chers à Olivier Adam. Et c'est l'un des auteurs les plus doués de sa génération, sans contexte. J'aimerais seulement qu'il soit un peu moins noir...



Coraly 11/11/2010 09:47



Je trouve pas qu'il soit vraiment noir (du moins pas dans Le Coeur régulier, je n'ai pas encore lu les autres) mais plutôt doué dans la retranscription de sentiments... ok, pas tellement joyeux,
je te l'accorde! Mais il arrive à transformer ça en un texte si beau, si vrai, si touchant que ça n'en devient pas noir :) (enfin je me comprends x)!



Laeti (histoires-de-livres) 09/11/2010 11:10



Je vois que ce livre t'a plu! Moi, j'ai adoré "des vents contraires" et "à l'abri de rien" Le coeur régulier fait partie de ma wish list!


Bonnes lectures!



Coraly 11/11/2010 09:43



Oui, j'avais remarqué ça sur ton blog, il faut absolument que je les lise moi aussi :) ! Quand au Coeur régulier, il parait que c'est le meilleur de tous, jette-toi dessus ;) !



Maylilou 07/11/2010 17:25



Bonjour, moi aussi j'ai littéralement adoré ce livre, j'en parle aussi dans mon blog. 


Tu avais peur de mal décrire le livre mais je trouve que tu as réussie à nous dépeindre l'atmosphère si subtile de ce livre, Bravo ! 


Je t'invite sur mon blog si ca tinteresse, en tout cas le prix Goncourt serait largement mérité pour Olivier Adam ! 


Bonne soirée!



Coraly 08/11/2010 21:44



Il méritait largement le Goncourt effectivement, mais malheureusement (ou non, tout dépend du point de vue), le prix a été décerné à Houellebecq... Une prochaine fois, peut-être !

Merci pour le compliment (je ne suis tout de même pas satisfaite de moi pour cet article!) ainsi que pour ta visite (je vais aller visiter ton blog!)   
Bonne soirée !